{"id":1166756,"date":"2024-02-26T08:25:26","date_gmt":"2024-02-26T10:25:26","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/mark-hollis-lhomme-qui-navait-pas-besoin-de-modeles\/"},"modified":"2024-02-26T08:25:31","modified_gmt":"2024-02-26T10:25:31","slug":"mark-hollis-lhomme-qui-navait-pas-besoin-de-modeles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/mark-hollis-lhomme-qui-navait-pas-besoin-de-modeles\/","title":{"rendered":"Mark Hollis : L&#8217;homme qui n&#8217;avait pas besoin de mod\u00e8les"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p><strong><em>Notre n\u00e9crologie du 25 f\u00e9vrier 2019<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Un homme mince avec une longue raie au milieu, ses cheveux filandreux tombant sur son visage, ses oreilles d\u00e9coll\u00e9es \u00e0 droite et \u00e0 gauche, ses yeux derri\u00e8re des lunettes noires \u00e0 monture m\u00e9tallique.  Mark Hollis n&#8217;\u00e9tait pas une pop star, il \u00e9tait tout le contraire d&#8217;une pop star.  Un artiste timide qui a refus\u00e9 les contraintes et les exigences de l&#8217;industrie musicale, qui a tout abandonn\u00e9 au sommet de son succ\u00e8s, ou plut\u00f4t : a fait avec une coh\u00e9rence sans pr\u00e9c\u00e9dent ce que lui et son groupe visaient, finalement seuls avec son producteur et un morceau de musique de disparition.  Maintenant, Mark Hollis est mort.<\/p>\n<p>Son groupe s&#8217;appelait Talk Talk, d&#8217;apr\u00e8s une chanson que le musicien londonien a \u00e9crite tr\u00e8s t\u00f4t.  La chanson \u00ab Talk Talk \u00bb avait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 le ton qui rendrait le groupe de Hollis unique : un morceau synth-pop superficiellement vivant avec de la lave coulant sous sa coquille.  Mark Hollis chantait avec un geste de d\u00e9sespoir que l&#8217;on pourrait trouver romantique, et sa maison de disques pensait que le jeune groupe, qui, outre Hollis, comprenait le bassiste Paul Webb, le batteur Lee Harris et le clavi\u00e9riste Simon Brenner, \u00e9tait bien au d\u00e9but des ann\u00e9es 80. pour s&#8217;inscrire dans la vague des Nouveaux Romantiques.  \u00ab The Party&#8217;s Over \u00bb \u00e9tait le nom de leur premier album, une d\u00e9claration qui se perdait dans le bruit de ses contemporains Duran Duran et Depeche Mode.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1632031\" aria-describedby=\"caption-attachment-1632031\" style=\"width: 4315px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><figcaption id=\"caption-attachment-1632031\" class=\"wp-caption-text\">Talk Talk, 1982. De gauche \u00e0 droite : Simon Brenner, Mark Hollis, Lee Harris et Paul Webb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Hollis pouvait \u00e9crire des tubes.  \u00ab\u00a0It&#8217;s My Life\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Such a Shame\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Dum Dum Girl\u00a0\u00bb\u00a0: la musique pop britannique du milieu des ann\u00e9es 80 en comptait peu de meilleures.  Et personne ne pourrait combiner euphorie et d\u00e9pression de mani\u00e8re plus convaincante.  &#8220;C&#8217;est dr\u00f4le, comment je me retrouve amoureux de toi ?\/Si je pouvais acheter mon raisonnement, je paierais pour perdre&#8221;, a chant\u00e9 Hollis avec toute l&#8217;emphase, &#8220;C&#8217;est ma vie\/N&#8217;oublie pas\/\u00c7a ne finit jamais.&#8221;<\/p>\n<p>Ce n&#8217;\u00e9tait pas vrai.<\/p>\n<p>Mais bien s\u00fbr, en 1986, lorsque \u00ab The Color Of Spring \u00bb, le troisi\u00e8me album, est sorti, il \u00e9tait impossible de pr\u00e9voir comment Hollis conduirait ses coll\u00e8gues musiciens aux confins du moule pop familier et au-del\u00e0.  \u00ab\u00a0Life&#8217;s What You Make It\u00a0\u00bb est une fois de plus un cri improbable et irr\u00e9sistible, port\u00e9 par un puissant riff de piano.  Une c\u00e9l\u00e9bration d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de la vie, b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cela, Mark Hollis et Talk Talk ont \u200b\u200bd\u00e9truit sa carri\u00e8re.  &#8220;Sprit Of Eden&#8221; est sorti en 1988.  Ils se sont isol\u00e9s dans une \u00e9glise pendant l&#8217;enregistrement, ont ignor\u00e9 plusieurs d\u00e9lais de leur label et ont largement d\u00e9pass\u00e9 le budget.  L&#8217;album se composait de six morceaux et n&#8217;avait aucun mod\u00e8le.  Du moins pas dans le contexte pop dans lequel il aurait d\u00fb s&#8217;int\u00e9grer.  Hollis et le producteur Tim Friese-Greene, qui \u00e9tait de plus en plus devenu le partenaire musical le plus proche de Hollis, ont pouss\u00e9 leur musique au grand jour, les genres se sont dissous dans un son d&#8217;une grande libert\u00e9.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait plus de singles et rien de disponible dans le commerce.  L&#8217;\u00e9tiquette a \u00e9teint le jus.  Et Hollis a enregistr\u00e9 un dernier album Talk-Talk avec Friese-Greene, intitul\u00e9 Laughing Stock, \u00e0 couper le souffle par sa sonorit\u00e9 envol\u00e9e et sinueuse.  Il est sorti sur le label de jazz Verve.  Un piano fant\u00f4me se fraye un chemin dans \u00ab Taphead \u00bb, une trompette trouve une m\u00e9lodie, Hollis g\u00e9mit depuis Fern.  Les six morceaux tourbillonnent et s&#8217;encha\u00eenent les uns dans les autres, tout comme le blues, le jazz, les traces de la musique pop classique et les classiques romantiques s&#8217;entrem\u00ealent.  Le d\u00e9sespoir de Mark Hollis semblait avoir \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par une absorption concentr\u00e9e.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1632035\" aria-describedby=\"caption-attachment-1632035\" style=\"width: 3543px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1632035\" src=\"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/1708943126_751_Mark-Hollis-Lhomme-qui-navait-pas-besoin-de-modeles.jpg\" alt=\"\" width=\"3543\" height=\"2280\"  \/><figcaption id=\"caption-attachment-1632035\" class=\"wp-caption-text\">Paul Webb, Mark Hollis et Lee Harris 1984<\/figcaption><\/figure>\n<p>Une nouvelle fois, il y a vingt ans maintenant, Mark Hollis donnait signe de vie.  Il sort un album solo \u00e9ponyme, son premier et unique, une \u0153uvre de dissolution, une musique qui semble se dresser dans les airs comme une libellule, un son sur lequel \u00ab Laughing Stock \u00bb semble lourd et volumineux.  C&#8217;\u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre le dernier adieu de Hollis \u00e0 la musique.<\/p>\n<p>Qu\u2019a fait Mark Hollis au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es ?  On ne le sait pas.  Il reste cach\u00e9 \u00e0 la vue du public.  Les quelques confidents avec lesquels il est rest\u00e9 en contact rapportent qu&#8217;il m\u00e8ne une vie modeste, rendue possible par la popularit\u00e9 de ses tubes, qu&#8217;il s&#8217;int\u00e9resse au football et ne manifeste aucune intention de revenir \u00e0 la musique.  Un Syd Barrett de la Nouvelle Vague.<\/p>\n<p>Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 lundi 18 f\u00e9vrier.<\/p>\n<div class=\"ph-wp-image-credit-list ph-hide--\">\n<p>Michael PutlandGetty Images<\/p>\n<p>Photo Rob Verhorst Redferns<\/p>\n<\/div><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.rollingstone.de\/mark-hollis-talk-talk-nachruf-1632027\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-30<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre n\u00e9crologie du 25 f\u00e9vrier 2019 Un homme mince avec une longue raie au milieu, ses cheveux filandreux tombant sur son visage, ses oreilles d\u00e9coll\u00e9es \u00e0 droite et \u00e0 gauche, ses yeux derri\u00e8re des lunettes noires \u00e0 monture m\u00e9tallique. Mark Hollis n&#8217;\u00e9tait pas une pop star, il \u00e9tait tout le contraire d&#8217;une pop star. 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