{"id":1105866,"date":"2024-01-17T21:08:31","date_gmt":"2024-01-17T23:08:31","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/dans-une-cellule-nue-judith-de-leeuw-suit-rembrandt\/"},"modified":"2024-01-17T21:08:36","modified_gmt":"2024-01-17T23:08:36","slug":"dans-une-cellule-nue-judith-de-leeuw-suit-rembrandt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/dans-une-cellule-nue-judith-de-leeuw-suit-rembrandt\/","title":{"rendered":"Dans une cellule nue, Judith de Leeuw suit Rembrandt"},"content":{"rendered":"\n<div>\n<p>Sens ou pas de sens, peint Klaas Gubbels.  Chaque jour, dans son atelier.  L\u2019homme a aujourd\u2019hui 90 ans, mais sa mission n\u2019est toujours pas termin\u00e9e : \u00ab transformer quelque chose d\u2019aussi stupide qu\u2019une cafeti\u00e8re en quelque chose \u00bb.  Sa voix a failli c\u00e9der, et Tonko Dop van <em>Heure des nouvelles<\/em> Il faut lui crier dessus pour se faire comprendre, mais il n&#8217;y a pas grand-chose qui cloche dans ses yeux.  Il essaie de placer une table et une chaise sur la toile.  L\u2019un est gris, l\u2019autre blanc, et il s\u2019agit maintenant de m\u00e9langer l\u2019un dans l\u2019autre de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019il soit correct et coh\u00e9rent.  Il s&#8217;agit du premier des cinq portraits que Tonko Dop a r\u00e9alis\u00e9s d&#8217;artistes plus anciens.<\/p>\n<p>Rembrandt \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le meilleur artiste du monde \u00e0 vingt ans.  C&#8217;est ce qu&#8217;on a dit \u00e0 Judith de Leeuw lorsqu&#8217;elle affichait des ambitions artistiques.  Elle avait alors dix-huit ans.  Magnifique, pensa-t-elle.  &#8220;Alors il me reste encore deux ans.&#8221;  Elle a maintenant 27 ans et travaille \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger <em>artiste de rue<\/em>.  Son travail est visible dans 62 pays, sur trois continents et dans des documentaires <em>JDL \u2013 Derri\u00e8re le mur<\/em>l elle est suivie dans la cr\u00e9ation d&#8217;une de ses peintures murales, une peinture murale monumentale.  Le mur est celui d&#8217;un immeuble d&#8217;habitation, l&#8217;appartement se trouve dans une banlieue appel\u00e9e Paolo VI, pr\u00e8s de la ville de Tarente, dans la r\u00e9gion italienne des Pouilles.  Un quartier populaire.  Autrefois prosp\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;industrie voisine, elle d\u00e9p\u00e9rit aujourd&#8217;hui en raison du d\u00e9part de l&#8217;industrie.<\/p>\n<p>On y voit Judith de Leeuw \u2013 ou JDL \u2013 suspendue sur une plateforme a\u00e9rienne devant un gigantesque mur gris.  Et cela devrait inclure une ballerine tout \u00e0 fait r\u00e9aliste, entour\u00e9e de deux bras masculins.  Plus grand que r\u00e9aliste.  L&#8217;ouvrage s&#8217;appelle <em>L&#8217;amour est plus fort que la mort, partie 4<\/em> et ce sont les paroles de son p\u00e8re, prononc\u00e9es et r\u00e9p\u00e9t\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 peu de temps avant sa mort.  Alors qu\u2019elle prend habituellement pour sujet les questions sociales \u2013 le racisme, la solitude, les droits des homosexuels \u2013, elle est incapable de penser \u00e0 autre chose ni de peindre autre chose depuis sa mort.  \u00ab Un processus de deuil id\u00e9al \u00bb, dit-elle.  La femme dans son tableau semble ressentir la pr\u00e9sence de quelqu&#8217;un qui n&#8217;est pas l\u00e0.<\/p>\n<p>La coiffeuse, la maquilleuse, la ballerine qui mod\u00e8le la fresque, posent les questions \u00e0 Judith de Leeuw.  Qui est-elle, d\u2019o\u00f9 vient-elle, que veut-elle ?  Vous ne pouvez pas vraiment comprendre cela.  On l&#8217;entend parler d&#8217;une enfance qui s&#8217;est termin\u00e9e quand elle avait douze ans.  A propos de consommation de drogue, de familles d&#8217;accueil, d&#8217;une ann\u00e9e d&#8217;errance dans les rues puis d&#8217;une cellule nue dans un centre pour jeunes ferm\u00e9.  Elle a commenc\u00e9 \u00e0 dessiner entre les murs de cette cellule.  \u00ab Pratiquez, pratiquez, pratiquez. \u00bb  A 20 ans, elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 peindre ce qu&#8217;elle dessine sur les murs.<\/p>\n<h2 class=\"gn4-crosshead article-heading\">Les questions difficiles<\/h2>\n<p>La r\u00e9alisatrice Deborah Faraone Mennella pose elle-m\u00eame les questions difficiles.  Celle de son p\u00e8re.  \u00ab Ce n&#8217;\u00e9tait pas toujours agr\u00e9able dans le pass\u00e9.  En fait, non.  Jamais.  Jamais agr\u00e9able.  Elle parle de la col\u00e8re sous ses formes, ses tailles, ses saveurs et ses couleurs, d&#8217;une grand-m\u00e8re, la sienne, dans un camp de concentration et d&#8217;un p\u00e8re qui en a souffert.  L\u2019histoire reste vague et brumeuse, mais un drame se profile derri\u00e8re elle.  C&#8217;est la m\u00eame chose avec ses peintures murales.  Pendant longtemps, seules des nuances de gris sont visibles \u2013 r\u00e9alis\u00e9es avec des bombes a\u00e9rosols de gris loup et de gris Icare.  Quand elle aura fini, vous verrez ce qu\u2019elle a vu depuis le d\u00e9but.  Les amateurs d&#8217;art italiens y ont vu la statue de marbre du Bernin : Pluton et Proserpine \u2013 Pluton entra\u00eenant une Proserpine r\u00e9ticente aux enfers.<\/p>\n<p>Mais le meilleur commence lorsque les voisins d\u2019en face, r\u00e9sidents de l\u2019appartement d\u2019en face, sortent du cadre de leur fen\u00eatre et disent ce qu\u2019ils voient.  Une femme qui souffre, disent les hommes.  Elle ne veut pas \u00eatre touch\u00e9e par les mains des hommes.  Vous pouvez dire qu\u2019ils ont une relation toxique.  Elle veut s&#8217;\u00e9chapper.<\/p>\n<p>C&#8217;est l&#8217;\u00e2me d&#8217;un mort qui la tient, disent les femmes.  Elle a perdu quelqu&#8217;un, dit-on.  \u00ab\u00a0On ne voit cela que lorsque l\u2019on a soi-m\u00eame perdu quelqu\u2019un.\u00a0\u00bb  Est-ce son petit ami, demande l&#8217;autre.  Je peux, je peux, je peux.  Mais elle pense plut\u00f4t \u00e0 un fr\u00e8re.  Son p\u00e8re peut-\u00eatre ?<\/p>\n<p><dmt-util-bar article=\"4187362\" headline=\"In een kale cel ging Judith de Leeuw Rembrandt achterna\" url=\"in-een-kale-cel-ging-judith-de-leeuw-rembrandt-achterna\"><br \/>\n<button class=\"dmt-util-bar__button\" slot=\"share\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-container\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-title\">Partager<\/span><br \/>\n<dmt-icon aria-hidden=\"true\" class=\"dmt-util-bar__button-icon\" name=\"ic-share-web\"\/><br \/>\n<\/span><br \/>\n<\/button><br \/>\n<button class=\"dmt-util-bar__button\" slot=\"contact\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-container\"><br \/>\n<span class=\"dmt-util-bar__button-title\">Envoyer un email \u00e0 l&#8217;\u00e9diteur<\/span><br \/>\n<dmt-icon aria-hidden=\"true\" class=\"dmt-util-bar__button-icon\" name=\"ic-email\"\/><br \/>\n<\/span><br \/>\n<\/button><br \/>\n<\/dmt-util-bar> <\/p>\n<aside data-article-id=\"4187362\" data-js-topic-preview=\"\" data-strip-from-headless=\"modal\" data-topic-id=\"75\" data-topic-name=\"Zap\"\/>\n<\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.nrc.nl\/nieuws\/2024\/01\/17\/in-een-kale-cel-ging-judith-de-leeuw-rembrandt-achterna-a4187362\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-33<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sens ou pas de sens, peint Klaas Gubbels. 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