{"id":1001444,"date":"2023-11-04T08:00:05","date_gmt":"2023-11-04T10:00:05","guid":{"rendered":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/les-femmes-dans-lhistoire-isabelle-de-medicis-erudite-et-calomniee\/"},"modified":"2023-11-04T08:00:09","modified_gmt":"2023-11-04T10:00:09","slug":"les-femmes-dans-lhistoire-isabelle-de-medicis-erudite-et-calomniee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/les-femmes-dans-lhistoire-isabelle-de-medicis-erudite-et-calomniee\/","title":{"rendered":"Les femmes dans l&#8217;histoire.  Isabelle de M\u00e9dicis, \u00e9rudite et calomni\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div>\n<p><em><span class=\"first-letter\">\u00ab\u00a0C<\/span>Puiss\u00e9-je vraiment reconna\u00eetre, Tr\u00e8s Illustre et Excellente Dame, que mes premiers, \u00e0 cause de leur faiblesse, ne peuvent pas donner naissance \u00e0 l&#8217;effet que je voudrais, qui serait, en plus de rendre \u00e0 Votre Excellence quelque t\u00e9moignage de mon d\u00e9vouement, pour montrer au monde (autant qu&#8217;elle m&#8217;est accord\u00e9e dans ce m\u00e9tier de musique) la vaine erreur des hommes qui croient \u00eatre les patrons des autres dons de l&#8217;intellect au point qu&#8217;il leur semble qu&#8217;ils ne peuvent pas \u00eatre \u00e9galement communs aux femmes. &#8220;<\/em><\/p>\n<p>C&#8217;est la d\u00e9dicace que Maddalena Mezari, dite Casulana, consid\u00e9r\u00e9e comme la premi\u00e8re femme de l&#8217;histoire \u00e0 avoir publi\u00e9 ses propres compositions musicales, a \u00e9crit en 1568 pour accompagner son \u0153uvre Le premier livre de madrigaux \u00e0 quatre voix.<\/p>\n<article class=\"id-vda-article box_ed_hp_02-article eltdf-item-space hentry-pos-i hentry-home_section-i post-iiiii post type-post status-publish format-standard hentry\">\n<\/article>\n<p>Ce sont des mots avec lesquels il souligne non seulement le<strong> pr\u00e9jug\u00e9 selon lequel les hommes consid\u00e9raient injustement l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9 f\u00e9minine comme inf\u00e9rieure<\/strong> par rapport \u00e0 l&#8217;homme, mais ils sont aussi un remerciement \u00e0 son m\u00e9c\u00e8ne, qui croyait fermement au talent des femmes : <a rel=\"nofollow noopener\" href=\"https:\/\/it.wikipedia.org\/wiki\/Isabella_de%27_Medici\" data-wpel-link=\"external\" target=\"_blank\"><strong>Isabelle de M\u00e9dicis.<\/strong><\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_2226521\" data-thumbnail_id=\"2226521\" class=\"wp-caption aligncenter\" style=\"width:1290px\"><picture class=\"lozad\"><source  type=\"image\/webp\"><source  type=\"image\/jpeg\"\/><\/source><\/picture>\n<p class=\"wp-caption-text\">Isabelle de M\u00e9dicis, entre 1552 et 1553. Cr\u00e9ateur : Agnolo Bronzino.  (Photo par Heritage Art\/Heritage Images via Getty Images)<\/p>\n<\/div>\n<p>Le p\u00e8re d&#8217;Isabelle \u00e9tait le souverain de Florence, Cosme Ier de M\u00e9dicis, l&#8217;homme qui consolida le pouvoir de la maison ;  sa m\u00e8re \u00e9tait \u00c9l\u00e9onore de Tol\u00e8de, l&#8217;une des femmes les plus influentes de l&#8217;\u00e9poque, d\u00e9finie comme \u00ab la Grande Dame du XVIe si\u00e8cle \u00bb, pour ses capacit\u00e9s d&#8217;organisation exceptionnelles et son r\u00f4le cl\u00e9 dans la construction de la cour des M\u00e9dicis.<\/p>\n<p>Isabelle a h\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;extraordinaire intelligence politique de sa m\u00e8re, entretenant tout au long de sa vie une correspondance avec des personnalit\u00e9s du calibre de Catherine de M\u00e9dicis, reine de France, Henri III ou Catherine de Habsbourg, reine de Pologne.<\/p>\n<p>Parmi les plus importantes dames italiennes de la Renaissance, elle \u00e9tait \u00e9galement l\u2019une des \u00e9toiles les plus brillantes de la culture et du savoir.  Mais pendant longtemps et \u00e0 tort, son nom n&#8217;a souvent \u00e9t\u00e9 retenu qu&#8217;en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 certaines l\u00e9gendes noires, comme celle li\u00e9e \u00e0 la chambre rouge du ch\u00e2teau Orsini Odescalchi de Bracciano qui d\u00e9peint Isabelle comme une femme sans scrupules et \u00e9pouse infid\u00e8le de Paolo. Giordano Orsini, propri\u00e9taire du manoir.<\/p>\n<p>L\u00e0, dans la chambre, on disait qu&#8217;elle recevait ses amants et, apr\u00e8s avoir convers\u00e9 avec eux, elle les trompait vers une porte puis, au-del\u00e0 d&#8217;un petit couloir sombre se terminant par un puits rempli de chaux vive dans lequel tombaient les malheureux.  Il est vrai qu&#8217;Isabelle \u00e9pousa Paolo Orsini, seigneur de Bracciano.  Cependant, il est certainement faux qu\u2019il ait commis des crimes atroces en tuant de suppos\u00e9s amants.  Peut-\u00eatre que cette l\u00e9gende et d\u2019autres, qui ont prosp\u00e9r\u00e9 surtout apr\u00e8s sa mort, ont tent\u00e9 d\u2019effacer le fait qu\u2019elle \u00e9tait l\u2019une des femmes les plus cultiv\u00e9es de son temps ?  Une exposition install\u00e9e dans l&#8217;une de ses anciennes r\u00e9sidences, la villa M\u00e9dicis de Cerreto Guidi, o\u00f9 elle mourut en 1576, comm\u00e9more sa profonde \u00e9rudition et son r\u00f4le de promotrice des arts et du savoir. jusqu&#8217;au 3 d\u00e9cembre, expose une s\u00e9lection de pr\u00e9cieuses \u00e9ditions imprim\u00e9es du XVIIe si\u00e8cle \u00e9dit\u00e9es par Giulia Coco, Marco Mozzo et Paolo Tiezzi Maestri, fruit de la collaboration entre la Villa de Cerreto Guidi et la Soci\u00e9t\u00e9 Bibliographique Toscane, promue par la Commune de Cerreto Guidi et l&#8217;Association des Amis de la Villa M\u00e9dicis.  Un voyage dans la passion pour les livres d&#8217;Isabelle et de sa cour pour mieux comprendre une dimension rest\u00e9e longtemps in\u00e9dite.<\/p>\n<h2>Cosimo, la fille pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de I<\/h2>\n<p>Isabelle, en tant que membre de l&#8217;une des familles les plus importantes de son temps, a eu une \u00e9ducation privil\u00e9gi\u00e9e et a re\u00e7u une \u00e9ducation comparable \u00e0 celle de ses fr\u00e8res masculins.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait la fille pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Cosimo I. Comme son p\u00e8re, elle aimait la vie en plein air, elle aimait chasser, p\u00eacher et nager, et elle poss\u00e9dait en outre une vive intelligence qui lui permettait d&#8217;apprendre rapidement.  \u00c0 seulement neuf ans, Isabelle composait d\u00e9j\u00e0 de longs vers en latin et essayait d&#8217;exceller dans ses \u00e9tudes.  Elle savait chanter et jouer du luth, elle \u00e9tait une fervente lectrice de textes anciens et modernes.  \u00c0 11 ans, elle est fianc\u00e9e \u00e0 Paolo Orsini, choisi pour elle par son p\u00e8re Cosimo pour cimenter l&#8217;alliance avec la Rome papale.  Une union souhait\u00e9e par la raison d&#8217;\u00c9tat, comme cela arrivait \u00e0 toutes les filles de haute naissance de l&#8217;\u00e9poque, et qui, pour Isabelle, m\u00ealait aussi les motivations du c\u0153ur.  Elle tomba amoureuse de ce jeune homme mais ne quitta jamais la cour des M\u00e9dicis, m\u00eame apr\u00e8s son mariage.<\/p>\n<p>Lorsque Paolo s&#8217;\u00e9loigne plusieurs fois de Florence pour tenter de construire une carri\u00e8re de leader fid\u00e8le au Pape, elle, m\u00eame si elle souffre de son absence, ne le suivra pas, elle restera toujours proche de son p\u00e8re Cosimo.  \u00c0 partir de 1562, lorsque sa m\u00e8re Eleonora et ses fr\u00e8res Garzia et Giovanni moururent peu de temps apr\u00e8s, c&#8217;est Isabelle, la seule femme encore en vie de la famille (ses s\u0153urs Maria et Lucrezia \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9es pr\u00e9matur\u00e9ment), qui assuma l&#8217;importante et lourde t\u00e2che de repr\u00e9senter la grandeur f\u00e9minine de la famille M\u00e9dicis.  Isabella a assum\u00e9 le r\u00f4le de sa m\u00e8re en tant que gouvernante de la maison et comme conseill\u00e8re et gardienne des secrets politiques dans une r\u00e9alit\u00e9 variable et non sans risques, faite de relations diplomatiques, \u00e9conomiques et familiales.<\/p>\n<p>Pleine d&#8217;esprit et d&#8217;ironie, dot\u00e9e d&#8217;une forte personnalit\u00e9, elle \u00e9tait \u00e9galement au centre d&#8217;un important cercle culturel dans lequel on discutait librement de philosophie, de religion, de science et de litt\u00e9rature.  \u00ab D\u00e9esse mortelle \u00bb, \u00ab muse \u00e9ternelle \u00bb, \u00ab digne d&#8217;une couronne royale et de l&#8217;empire \u00bb ne sont que quelques-uns des mots que des \u00e9crivains comme Stefano Rossetti ou Benedetto Varchi lui ont d\u00e9di\u00e9 pour leur avoir accord\u00e9 sa protection.  Isabella, en particulier, encourageait les carri\u00e8res professionnelles des femmes et les prot\u00e9geait, intervenant m\u00eame dans certains cas de violence domestique.<\/p>\n<h2>Une mauvaise r\u00e9putation<\/h2>\n<p>Il mourut en 1576, deux ans apr\u00e8s son p\u00e8re bien-aim\u00e9.  Il avait 34 ans et laissait derri\u00e8re lui deux jeunes enfants, Virginio, deux ans, et Eleonora Francesca, trois ans.  Sa fin, qui a englouti toute son existence, a longtemps \u00e9t\u00e9 d\u00e9battue.  Selon l&#8217;historiographie traditionnelle, elle a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e par strangulation par son mari Paolo qui n&#8217;acceptait pas la pr\u00e9tendue relation d&#8217;Isabella avec son cousin Troilo Orsini.  Une fin tragique, parmi les mythes fondateurs du XVIe si\u00e8cle italien, capable d&#8217;inspirer au fil du temps la plume d&#8217;\u00e9crivains comme Alexandre Dumas, \u00e0 travers l&#8217;image d&#8217;une Isabelle effectivement incestueuse avec son p\u00e8re Cosimo, ou Francesco Domenico Guerrazzi : pour lui Isabella \u00e9tait plut\u00f4t le prototype de la femme fatale.  Mais c&#8217;est l&#8217;archiviste historique Elisabetta Mori avec son ouvrage L&#8217;honneur perdu d&#8217;Isabelle de M\u00e9dicis, publi\u00e9 chez Garzanti, qui a propos\u00e9, en analysant la correspondance des archives Orsini, une nouvelle reconstitution historique selon laquelle la dame, victime de calomnie, s&#8217;est propag\u00e9e pendant des si\u00e8cles, elle ne serait pas morte assassin\u00e9e par son mari, mais d&#8217;une maladie qui l&#8217;affligeait depuis longtemps.  Des papiers \u00e9mergerait \u00e9galement un amour profond qui aurait li\u00e9 Isabelle et Paolo, selon les documents trouv\u00e9s, pas du tout sombre et violent comme le voudrait la version &#8220;classique&#8221;, mais fervent amoureux de sa femme tout au long de sa vie.  Ind\u00e9pendamment de la fa\u00e7on dont elle est r\u00e9ellement d\u00e9c\u00e9d\u00e9e et des tentatives visant \u00e0 la dissimuler, elle continue de nous parler.  Il le fait \u00e9galement \u00e0 travers les pages du roman La Fille la plus aim\u00e9e.  Histoire des s\u0153urs M\u00e9dicis de Carla Maria Russo, publi\u00e9e chez Piemme, qui cherche \u00e0 redonner la parole \u00e0 Isabelle et \u00e0 ses s\u0153urs.  \u00ab Isabella \u00bb, dit Russo, \u00ab est une femme tr\u00e8s moderne, pour de nombreuses raisons.  Il est vrai que la libert\u00e9 dont elle jouissait \u00e9tait la cons\u00e9quence des privil\u00e8ges qui lui \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s, mais elle a compris les limites de cette libert\u00e9 et a compris que pour une femme, la \u00ab vraie \u00bb libert\u00e9 est toujours \u00e0 quelques pas de la limite atteinte. &#8221;  \u00a9 TOUS DROITS R\u00c9SERV\u00c9S<\/p>\n<p class=\"all-rights-reserved\">iO Donna \u00a9 TOUS DROITS R\u00c9SERV\u00c9S<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.iodonna.it\/attualita\/eventi-e-mostre\/2023\/11\/04\/isabella-de-medici-dotta-e-calunniata\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">ttn-fr-13<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0CPuiss\u00e9-je vraiment reconna\u00eetre, Tr\u00e8s Illustre et Excellente Dame, que mes premiers, \u00e0 cause de leur faiblesse, ne peuvent pas donner naissance \u00e0 l&#8217;effet que je voudrais, qui serait, en plus de rendre \u00e0 Votre Excellence quelque t\u00e9moignage de mon d\u00e9vouement, pour montrer au monde (autant qu&#8217;elle m&#8217;est accord\u00e9e dans ce m\u00e9tier de musique) la vaine [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1001445,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[201455,429,67274,315,33013,922,65,79526],"class_list":["post-1001444","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-magazine","tag-calomniee","tag-dans","tag-erudite","tag-femmes","tag-isabelle","tag-lhistoire","tag-les","tag-medicis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1001444","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1001444"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1001444\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1001445"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1001444"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1001444"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teknomers.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1001444"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}