La lutte contre les annonces de logements touristiques illégaux
Le Ministère de la Logement et de l’Agenda Urbaine (MIVAU) a récemment annoncé la suppression de plus de 86 275 annonces de logements touristiques et de saison illégaux sur les principales plateformes en ligne. Ces logements avaient demandé le numéro d’enregistrement requis par la réglementation, mais ne l’avaient pas obtenu en raison du non-respect des critères établis.
Le registre unique : un outil essentiel
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la création du registre unique des locations de courte durée, une mesure cruciale pour contrôler le marché et lutter contre les pratiques irrégulières. L’Espagne devient ainsi le premier pays de l’Union européenne à se conformer à cette législation communautaire, visant à accroître la transparence, à combattre l’illégalité et à protéger le marché de la location résidentielle.
Obligations des propriétaires et des plateformes digitales
Depuis juillet, tous les propriétaires souhaitant proposer un logement touristique doivent disposer d’un code obligatoire délivré par les Registrar de la Propriété. Ce code est ensuite partagé avec les plateformes digitales via la Ventanilla Única Digital du ministère, permettant de croiser les informations et d’identifier les annonces non conformes.
Une fois que le ministère signale une irrégularité, les plateformes doivent retirer les annonces concernées, même si le logement est également proposé sur plusieurs sites. L’objectif est de réduire l’encadrement du marché et d’enrayer l’augmentation des prix de l’immobilier qui pousse les résidents hors des centres urbains.
Les demandes de registre et anomalies régionales
Depuis l’instauration de ce registre obligatoire, 412 253 demandes ont été enregistrées : 78% pour des locations touristiques et 22% pour des locations saisonnières. Une attention particulière est portée à la Communauté de Madrid, où 83% des demandes concernent des logements de saison, une situation atypique par rapport à la moyenne nationale.
Les municipalités les plus concernées
En termes de demandes de registre refusées, Madrid est en tête avec 5 344 demandes rejetées, suivie de Barcelone (5 005), Marbella (2 993) et Séville (2 659). La province de Málaga est également marquée par une forte pression sur le marché locatif, avec une concentration d’illégalités alarmante.
Impacts socio-économiques de la situation
Le gouvernement souligne que la prévalence des logements touristiques illégaux a entraîné une augmentation des prix de l’immobilier, une expulsion des familles de leur quartier, ainsi qu’une gentrification accrue et une perte d’identité dans de nombreuses zones urbaines. La régulation vise donc non seulement à protéger les droits des résidents mais aussi à assurer le droit à un logement décent.
Conclusion : Un avenir sous haute surveillance
Le Ministère de la Logement affirme que le registre est désormais complètement opérationnel et vital pour éradiquer le fraude dans les locations de courte durée. Le gouvernement prévoit de renforcer les contrôles au cours des prochains mois, espérant rediriger une partie de ces logements vers le marché de la location résidentielle et atténuer la crise de l’offre.
Avec ces mesures, l’Espagne entre dans une nouvelle ère de politique du logement, cherchant à faire cesser des pratiques qui nuisent à sa société.

