La réforme du système de santé en Colombie : une nouvelle proposition sans statutisation
La Colombie est à un tournant décisif en matière de réforme de la santé. La récente proposition alternative, présentée par plusieurs sénatrices, marque un nouvel élan dans le débat législatif autour d’un système de santé défaillant. Ce texte, signé par des membres de divers partis, vise à transformer le système sans recourir à la statutisation ni à l’élimination totale des EPS (Entités Promotrices de Santé).
Une proposition centrée sur l’avenir
Les sénatrices Norma Hurtado, Lorena Ríos, et Ana Paola Agudelo ont élaboré une proposition qui, selon elles, pourrait rassembler les majorités nécessaires pour avancer dans le Sénat. Le modèle financier proposé est conçu pour garantir la durabilité du secteur tout en répondant efficacement à la crise actuelle du système de santé.
Le processus législatif, qui se déroule au sein de la Commission Séptima du Sénat, doit encore passer par deux débats avant l’échéance de neuf mois pour son approbation. Cependant, ce délai pourrait être réduit en raison du congé législatif et des élections programmées pour mars prochain.
Le contexte et la nécessité de changement
La proposition alternative a émergé face à la crise actuelle du système de santé colombien. Les sénatrices soulignent que les problèmes persistent non pas par manque d’initiatives gouvernementales, mais plutôt en raison de la mauvaise administration et d’interventions inefficaces. Norma Hurtado a affirmé que « la crise actuelle n’est pas due à la non-approbation de la réforme de Petro, mais à une gestion défaillante et à des interventions mal ciblées ».
Une réforme réfléchie et inclusive
L’initiative vise à répondre aux principaux défis du système de santé, notamment la congestion des services, la pénurie de médicaments et les traitements impossibles à dispenser. Selon Lorena Ríos, il est crucial d’éviter que le gouvernement n’impose une vision par décret qui n’a pas fonctionné jusqu’à présent.
Les changements envisagés incluent la transformation des EPS en Gestoras de Salud y Vida (GSV), qui prendraient en charge la gestion des risques de santé, tout en s’assurant que l’administration des ressources reste sous la surveillance de l’Administradora de Recursos del Sistema de Seguridad Social en Salud (Adres).
Un système de santé proactif
La réforme promeut également un modèle de santé axé sur la prévention, avec la création de Centres de Santé Primaires et des Réseaux Intégrés et Territoriaux de Santé. La proposition met l’accent sur l’amélioration des services sans procéder à une statutisation du système.
L’instauration d’un Système Unique d’Information et d’une Audite Nationale vise à surveiller l’utilisation des ressources en temps réel, permettant ainsi des corrections rapides en cas d’irrégularités.
Des mesures financières innovantes
Un aspect clé de cette réforme est le calcul technique de l’UPC (Unité de Paiement par Capitation). Cela devrait être basé sur des études validées par des universités, garantissant une équité dans la distribution des fonds.
Les mesures financières incluent également des paiements plus rapides aux hôpitaux et cliniques, la protection des patients et des prestataires, ainsi que la création de nouvelles sources de financement via des « impôts sains » et une partie du PIB. Le revenu provenant des taxes sur les boissons et aliments ultraprocessés sera spécifiquement dédié à l’assainissement des finances du système de santé.
Les risques de concentration des pouvoirs
Les sénatrices ont exprimé leurs préoccupations concernant la proposition du gouvernement de concentrer 32 fonctions au sein de l’Adres, ce qui pourrait augmenter les risques de corruption. En contrepartie, la proposition alternative vise à réduire cette concentration, limitant ainsi les fonctions pour garantir une gestion plus transparente.
Cette réforme, qui reflète les urgences de la population colombienne, aspire à devenir la solution alternative qui rassemblera les soutiens nécessaires à la Commission Séptima du Sénat.
Conclusion
La réforme du système de santé en Colombie, portée par cette nouvelle proposition alternative, pourrait ouvrir la voie à une transformation significative, capable de résoudre les problèmes rencontrés par les citoyens. En alliant un modèle de gestion responsable aux nouvelles bases financières, cette initiative soulève un espoir pour l’avenir de la santé dans le pays. En mettant en avant la nécessité d’une approche sérieuse, techniquement réfléchie et financièrement viable, elle pourrait apporter un changement tant attendu et salvateur pour les Colombiens.

