Toutefois, malgré l’augmentation des chiffres, le gouvernement fédéral maintient son objectif ambitieux : d’ici 2030, il ne devrait plus y avoir de sans-abri dans le pays. Une experte conteste cette assertion, affirmant que l’objectif est intenable, mais qu’il reste des actions possibles.
D’ici 2030, le gouvernement fédéral souhaite éradiquer l’obdachlosigkeit (sans-abrisme) en Allemagne. Bien que cet objectif soit ambitieux, la ministre des Transports, Verena Hubertz, a confirmé que le gouvernement s’y tient fermement. “C’est un défi colossal, une véritable épreuve de force que nous voulons relever”, a-t-elle déclaré au Rheinische Post.
Cependant, malgré les déclarations d’intention venue de Berlin, une experte déclare que l’objectif, dans son ensemble, est irréaliste. “La situation des personnes en précarité et sans-abri pourrait néanmoins s’améliorer considérablement”, a indiqué Sabine Bösing, directrice de la fédération allemande pour l’aide aux sans-abris, à l’agence de presse KNA. Elle insiste sur l’importance d’une volonté politique, d’investissements suffisants et de mesures cohérentes.
L’augmentation récente des sans-abri
Un “réexamen radical des politiques du logement et des loyers” pourrait aboutir à plus de logements sociaux et moins de pertes de logement, a souligné Bösing. Dans le Rheinische Post, Hubertz a exigé qu’en plus de la construction de nouveaux logements, il est crucial de prêter attention aux plus vulnérables qui n’ont aucun abri. “Cela ne peut se faire qu’en collaboration entre fédération, états et communes.” La ministre a également précisé que le gouvernement fédéral investira 23,5 milliards d’euros dans le logement abordable au cours des prochaines années.
Selon des estimations de la fédération allemande de l’aide aux sans-abris faites en novembre 2025, le nombre de sans-abri a atteint un chiffre record. En 2024, plus d’un million de personnes, soit 1.029.000, étaient sans domicile fixe en Allemagne, représentant une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. L’obdachlosigkeit est la forme la plus extrême de précarité, où les personnes n’ont pas la possibilité de dormir temporairement dans des refuges, des foyers pour femmes ou chez des proches, les obligeant à passer la nuit à l’extérieur ou dans des conditions d’hébergement précaires.

