Le 20 juillet 2022, l’équipe d’Espagne s’inclinait de manière tragique lors des quarts de finale de la Euro 2022 féminine contre l’Angleterre (2-1). Cette défaite, douloureuse et inattendue, a laissé des cicatrices qui se sont révélées difficiles à guérir. Cependant, l’éclat du Mondial 2023, remporté par l’Espagne, a, paradoxalement, permis de panser ces blessures. Aujourd’hui, deux ans après ce match traumatisant, l’équipe espagnole est prête à aborder le championnat d’Europe avec une nouvelle dynamique. Douze des vingt-trois joueuses qui ont pris part à cette Défaite sont désormais prêtes à conquérir le titre. Ce groupe, revigoré et soutenu par son public, se sent plus fort que jamais dans les stades et au sein de la Ciudad del Fútbol. Ce n’est plus seulement une équipe ; c’est une communauté qui se sent respectée, capable d’être « simplement des footballeuses ».
La transformation d’un groupe
La tempête médiatique qui a suivi la victoire de l’Espagne en Australie n’a pas seulement changé le visage du football espagnol ; elle a aussi révélé une société face à une réalité trop longtemps ignorée concernant les violences sexuelles. La condamnation de Luis Rubiales à 18 mois de suspension pour avoir embrassé Jenni Hermoso sans son consentement est survenue après des mois de tensions. Ce moment a été le catalyseur d’une catharsis sans précédent. Le 20 août 2023, les joueuses, après avoir longtemps été sous-estimées, ont décidé de faire entendre leurs voix. Quinze d’entre elles, parmi lesquelles les capitaines Aitana Bonmatí et Mariona Caldentey, ont écrit une lettre à la RFEF qui a été perçue comme une démission.
Alors que la direction précédente avait manifesté peu d’initiatives pour améliorer les conditions des joueuses, le changement de direction a permis une avancée significative et nourri l’engagement des joueuses. Alexia Putellas, en confiant que l’équipe se sent désormais « plus libre et plus en sécurité », témoigne de la transformation profonde au sein de ce groupe. Le travail acharné de la nouvelle entraîneuse, Montse Tomé, a également joué un rôle crucial. En dépit de tensions initiales, elle a su forger une unité au sein de l’équipe, bien que des défis subsistent.
Des défis à surmonter
Les prochains matchs s’annoncent ainsi déterminants pour l’effectif espagnol. La sélection fait face à la malediction des quarts de finale, n’atteignant plus les demi-finales depuis 1997. Les matchs de groupe les opposeront à des adversaires redoutables tels que Portugal, Bélgië et Italie. La route vers le titre ne sera pas facile, d’autant plus qu’une confrontation éventuelle avec des équipes comme l’Angleterre, la France ou l’Allemagne semble inévitable.
Dans les coulisses du camp de Lausanne, l’équipe évite de se fixer des objectifs trop ambitieux, mais l’enthousiasme est palpable. L’effectif espère également le retour d’Aitana Bonmatí, qui se remet d’une méningite virale. Son absence d’une compétition si cruciale pourrait peser lourd sur les performances de l’équipe. Les blessures de Cata Coll et d’autres joueuses sont également préoccupantes, mais l’atmosphère demeure positive.
Les ressources pour réussir
En cette nouvelle ère, l’Espagne a su tirer parti de ses erreurs passées et les transformer en une force. Les jeunes talents font leur apparition, apportant un vent frais au sein de l’équipe. Malgré une sélection parfois controversée, le potentiel de renouveau est élevé. Les leaders établis, telles qu’Alexia et Paredes, encadrent ces nouvelles recrues, qui allient vigueur et talent. En parallèle, l’équipe bénéficiera d’un soutien accru de la part du public, qui a désormais pris conscience des enjeux féminins dans le sport.
C’est un climat de solidarité et de responsabilité qui s’est instauré au sein de l’équipe, ce qui pourrait bien leur offrir l’avantage nécessaire pour briser cette fameuse malédiction. L’union fait la force, et l’équipe espagnole semble enfin en mesure de conquérir des sommets.

