La startup californienne Reflect Orbital et son projet controversé
Une startup californienne nommée Reflect Orbital envisage de vendre de la lumière solaire à la demande durant la nuit, une idée qui suscite déjà de vives inquiétudes au sein de la communauté scientifique. Bien que le projet n’ait pas encore démarré, les défis techniques et éthiques posés sont considérables.
Des objectifs ambitieux
Reflect Orbital prévoit de déployer un essaim de 4 000 satellites équipés de miroirs géants. Ces dispositifs capteraient la lumière du soleil pendant la journée et la renverraient vers des zones plongées dans l’obscurité. L’ambition est de permettre aux panneaux solaires de fonctionner 24 heures sur 24.
Le premier pas vers l’espace
Actuellement, leur premier satellite, baptisé Eärendil-1, est en attente de l’approbation de la Commission fédérale des communications (FCC) pour son lancement. Une fois en orbite, Eärendil-1 dépliera un miroir de 18 mètres de large, capable d’illuminer une surface de 5 kilomètres au sol. Si tout se passe bien, le lancement de l’ensemble des satellites pourrait être prévu pour 2030.
Leçons du passé : le projet Znamya
Un projet similaire a été tenté en Russie dans les années 1990, le programme Znamya. Bien qu’il ait réussi à illuminer certaines zones, la lumière émise était faible et difficile à contrôler, entraînant l’arrêt prématuré de la mission.
Des préoccupations environnementales et de santé
Fionagh Thomson, chercheuse en éthique spatiale, souligne que les défis techniques sont complexes. De plus, elle met en garde contre la pollution lumineuse, qui pourrait perturber les rythmes circadiens et désorienter aussi bien la faune que les humains. De plus, la luminosité excessive risque de désorienter les pilotes et d’entraver le travail des astronomes.
Le défi de la pollution lumineuse
La lumière renvoyée par ces satellites pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’observation astronomique. Les passionnés d’astronomie pourraient traverser de nouvelles difficultés à observer le ciel, en raison de la forte luminosité produite par ces dispositifs.
Critiques face à une innovation excessive
Les critiques autour de Reflect Orbital ne manquent pas. À titre de comparaison, Starlink, la société d’Elon Musk, est déjà sous le feu des critiques pour l’impact lumineux de ses satellites. Le cas de Reflect Orbital est encore plus alarmant, car il s’agit d’une intention manifeste de générer de la lumière dans l’espace.
Un rapport coût-efficacité discuté
Le consensus parmi de nombreux spécialistes est que la lumière obtenue serait trop faible pour être véritablement utile. La quantité de satellites nécessaire pour obtenir une illumination suffisante serait exorbitante, posant donc des problèmes financiers et sécuritaires.
Risques de collision et de déchets spatiaux
Un autre problème majeur est le risque accru de collisions en raison de la taille des miroirs, qui pourraient atteindre jusqu’à 54 mètres. En exposant une grande surface aux débris spatiaux et aux météorites, la probabilité de dommages et de pertes de contrôle augmente.
Conclusion : une vision complexe
Bien que l’idée de vendre de la lumière solaire par le biais de satellites semble séduisante, la réalité révèle des défis techniques, environnementaux et quotidiens qui rendent l’entreprise hautement complexe, voire dangereuse. L’issue de cette initiative reste à voir, mais le débat ne fait que commencer.

