Le secteur hôtelier face à une nouvelle réalité

Le secteur hôtelier a récemment exprimé de vives inquiétudes face à la proposition de réduire la durée de travail à 37,5 heures hebdomadaires. Les représentants des entreprises touristiques prévoyaient une catastrophe économique, anticipant des pertes de compétitivité et des fermetures d’établissements.

La réduction de la durée de travail : un débat houleux

La proposition a finalement été abandonnée au cours du processus parlementaire. Cependant, une petite chaîne hôtelière des Baléares a démontré que ces inquiétudes étaient infondées. En appliquant une réduction de la journée de travail, la chaîne a constaté une nette amélioration de la satisfaction des employés et des performances commerciales exceptionnelles.

Les craintes du secteur

Le secteur de l’hôtellerie se distinguait par son opposition à la réduction de la durée de travail avancée par le ministère du Travail. Selon des estimations, un tel changement aurait entraîné une augmentation des coûts salariaux comprise entre 6 et 8 %, représentant un coût total d’environ 2,5 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur.

La CEHAT avait mis en garde contre une “perte de compétitivité”, soulignant que les employés travailleraient “112 minutes de moins par semaine”, ce qui pourrait déséquilibrer l’économie déjà fragile.

MarSenses : Une approche innovante et audacieuse

MarSenses Hotels & Homes, une petite chaîne hôtelière avec six établissements aux Baléares, a décidé de ne pas attendre les législations pour adapter ses pratiques. En 2023, leur CEO, Rodrigo Fitaroni, a commencé à appliquer la réduction de la journée de travail, avec la totalité de son personnel travaillant alors 38,5 heures par semaine. En 2024, cette durée a même été réduite à 37,5 heures.

Ambitions de bien-être au travail

Fitaroni a explicité que cette initiative visait à “améliorer la conciliation et le bien-être de la main-d’œuvre”. Si la réduction de la durée de travail s’avérait bénéfique, il envisageait d’autres réductions futures, tout en restant attentif à la productivité des employés.

En parallèle, la chaîne a procédé à une augmentation salariale de 8 % au cours des deux dernières années, bien au-dessus de la moyenne du secteur, qui ne dépassait pas 3,8 % par an.

Résultats dépassant les attentes

Les résultats de cette réduction de la durée de travail révèlent des tendances encourageantes. Le taux d’absentéisme a chuté à moins de 5 %, alors que la moyenne dans le secteur hôtelier baléaire est d’environ 14,8 % à 20 %.

Un engagement accru des employés

Fitaroni insiste sur le fait que ces chiffres témoignent d’un engagement et d’une satisfaction accrue des employés, se traduisant par une augmentation des revenus par chambre disponible. “Nous explorons des solutions inédites”, déclare-t-il, soulignant son origine dans le secteur comme ancien serveur.

Une attention particulière aux “kellys”

MarSenses a également pris des mesures significatives pour améliorer les conditions de travail des camareras de piso, communément appelées “kellys”. Pour ce groupe souvent marginalisé, la réduction de la journée de travail est de 37,5 heures, et pour celles de plus de 58 ans, elle est réduite à 32 heures.

Réactions positives du secteur

Cette initiative a été saluée par des représentants syndicaux, qui estiment qu’il s’agit d’un exemple à suivre pour d’autres chaînes hôtelières. La chaîne MarSenses illustre que l’innovation en matière de conditions de travail peut non seulement entraîner des bénéfices humains, mais également de réels atouts économiques.



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