Un nouveau câble sous-marin entre l’Europe et l’Afrique : le projet Via Africa

Plus de 95 % du trafic international d’internet transite par des câbles situés au fond des océans. L’Afrique et l’Europe se trouvent à des stades très différents, mais ces deux continents sont essentiels pour maintenir des services vitaux, tels que le cloud et les systèmes financiers. L’Afrique, en pleine explosion de la demande de bande passante, fait face à des infrastructures obsolètes. En revanche, l’Europe a déjà établi des nœuds stratégiques à Marseille, Lisbonne et au sud de l’Angleterre. C’est dans ce contexte que le projet Via Africa a vu le jour, porté par Orange et un consortium de sept opérateurs.

Le câble Via Africa

Via Africa est un câble sous-marin en fibre optique qui reliera le sud de l’Europe à l’Afrique du Sud tout en contournant l’Atlantique. Il comportera des points d’interconnexion en Europe, notamment au Royaume-Uni, en France, au Portugal et aux îles Canaries. En Afrique de l’Ouest, des nœuds seront situés en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Nigeria. Bien que le tracé définitif soit en attente, l’objectif de ce câble est de renforcer la diversité et la résilience des communications internationales entre les deux continents.

Esquisse du tracé. Orange

Pourquoi ce projet est-il crucial ?

Le câble Via Africa répond à une infrastructure africaine vieillissante et inadéquate, alors que la demande en services cloud, intelligence artificielle et télétravail augmente rapidement. La côte atlantique, en particulier, comprend des points critiques où plusieurs câbles se rejoignent physiquement, comme en Côte d’Ivoire. En mars 2024, une défaillance simultanée de quatre câbles dans cette région a réduit la connectivité pour 13 pays d’Afrique de l’Ouest pendant plusieurs semaines. Cette situation affecte également l’Europe, créant une dépendance problématique.

Seis cables, un mismo punto físico en Costa de Marfil. Submarine Cable Map
Six câbles, un même point physique en Côte d’Ivoire. Submarine Cable Map

Contexte global

La côte atlantique africaine est déjà desservie par plusieurs câbles, notamment SAT-3/WASC, WACS, et MainOne. Cependant, beaucoup de ces infrastructures sont vieillissantes et vulnérables. Le câble Via Africa s’inscrit dans une tendance plus vaste d’investissements dans l’infrastructure sous-marine en Afrique, telle que le projet 2Africa de Meta prévu pour 2025.

Comment sera réalisé ce projet ?

Un mémorandum d’entente a été signé entre plusieurs investisseurs, dont Canalink, Orange Group et Sonatel. Le projet débutera par une étude pour déterminer le meilleur tracé, prenant en compte des critères de résilience, viabilité technique et efficacité économique. Ensuite, le consortium lancera une procédure de sélection pour choisir le fabricant du câble.

Les défis à surmonter

Actuellement, le projet est à ses débuts. Bien qu’il existe un soutien solide, les détails sur le tracé exact, tous les nœuds à établir, et le calendrier de mise en service restent flous. De plus, Via Africa devra rivaliser avec d’autres câbles sous-marins, comme Equiano de Google et 2Africa de Meta, engageant une compétition avec de grands acteurs technologiques.

Dans un monde de plus en plus connecté, ce projet pourrait devenir un « bouclier » pour sécuriser l’internet entre l’Europe et l’Afrique, renforçant ainsi la résilience des infrastructures critiques pour les années à venir.



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