TIl y a vingt-cinq ans, à Berlin, tombait le mur qui divisait deux Europes, l’Europe capitaliste et l’Europe communiste. Aujourd’hui, ses petites pièces, encore colorées par les graffeurs de l’époque de la RDA, sont vendues comme souvenirs dans la boutique du Musée du Mur (mauermuseum.de). Un bel exemple de débétonnage et de recyclage à valeur ajoutée. Ironie mise à part, après 1989, la ville ressemblait parfois à un bateau qui aurait besoin de trouver sa voie, après cette douloureuse anomalie historique qui l’avait maintenue diviséeavec des soldats prêts à tirer. Mais maintenant Berlin s’est retrouvé et s’oriente résolument vers des politiques de durabilité environnementale.

La balançoire dans le vide à 120 mètres de haut est une nouvelle attraction à Berlin

Le virage vert de Berlin

Le premier signe important du tournant vert remonte à il y a quinze ans : la transformation de l’ancien aéroport de Tempelhof en un immense parc de 300 hectares, une verdure infinie avec la ville en arrière-plan. Fortement soutenu par les Berlinois, qui ont éloigné les spéculateurs immobiliers en récoltant des signatures, l’ancien aéroport est aujourd’hui une destination privilégiée pour les sports de plein air : jogging, roller, tennis de table, kitesurf sur roues, baseball et bien plus encore. Depuis l’ancienne tour de contrôle, vous pourrez admirer une vaste mosaïque de jardins urbains partagés par des citoyens à la main verte.

Une vie selon la philosophie Lohas (Mode de vie de santé et de durabilitémode de vie sain et durable) qui se greffe sur l’histoire de la ville. «Plus d’un tiers du territoire berlinois est constitué d’espaces verts, dont la moitié sont de véritables forêts», explique Luisa Mentz, responsable du développement durable et chef de projet chez Visit Berlin. «Chaque Berlinois doit parcourir au maximum 500 mètres pour atteindre un espace vert public». Bien entendu, Tempelhof, comme de nombreuses parties de la ville, est accessible en métro (ligne U8), mais le véritable symbole de statut social est devenu le vélo, un objet culte avec lequel parcourir les 2 400 kilomètres de pistes cyclables, sur une route totale de 5 400 kilomètres. Sans surprise 50 pour cent des familles berlinoises utilisent peu ou pas du tout la voiture ou le covoiturage.

Tempelhofer Feld, le parc construit sur le site de l’ancien aéroport de Berlin.

Berlin aime les produits agricoles

La nouvelle façon d’interpréter la vie des Lohas ne pouvait manquer d’impliquer l’alimentation et la restauration.: Berlin dispose déjà de nombreuses propositions internationales, mais Aujourd’hui, l’accent est mis sur la fraîcheur et la proximité des aliments provenant des fermes brandebourgeoises voisines.

Un exemple parfait de cette tendance est Billy Wagner, gourou de la nouvelle cuisine allemande. Son restaurant Nobelhart & Schmutzig (nobelhartundschmutzig.com) a remporté une étoile verte Michelin, une récompense récompensant les restaurants vertueux en matière de développement durable, mais est également classé parmi les 50 meilleurs restaurants du monde. Wagner dirige l’orchestre des chefs et des serveurs derrière le long comptoir qui sert également de table aux invités, tandis que dans la salle, deux écrans géants montrent des forêts, des animaux, des personnes et des fermes produisant des légumes, des fromages et de la viande. «Tous nos ingrédients finissent dans l’assiette avec des préparations très simples qui mettent en valeur le naturel et la qualité, comme les betteraves jaunes au safran et au paprika du Seenland» explique Wagner. «Et à partir de cette année, compte tenu de la crise économique en Allemagne, j’ai décidé de baisser les prix : moins de plats au menu dégustation, mais plus copieux et avec la même fraîcheur». Autre adresse incontournable de la nouvelle cuisine verte berlinoise : le Frea Restaurant (frea.de), authentique temple vegan de qualité et zéro déchet. Où ces principes ne limitent absolument pas la créativité et les saveurs fortes, obtenues en préparant tout à la maison, du pain au chocolat, et en travaillant uniquement avec des producteurs bio et sans plastique. L’attention portée à un mode de vie durable conduit à ne pas gaspiller et à recycler autant que possible.

L’art du recyclage est à la mode

Ainsi, même les vêtements sont devenus l’objet d’upcycling, mot d’ordre des jeunes créateurs qui créent des vêtements slow fashion et fair fashion (mode durable) : ils font du bien à celui qui les porte mais aussi aux animaux et à l’environnement.. Par exemple, ReClothings de Daniel Kroh (danielkroh.com) recycle les uniformes de travail en vêtements originaux (car ils révèlent leur histoire) et uniques, sur mesure et faits main. Ou ChersGoods (chersgoods.com), la première boutique de mode 100 % végétalienne en Allemagne. Les vêtements et accessoires sont fabriqués avec des matières certifiées biologiques et produits dans des conditions de travail équitables.

Sur l’île de la culture

Ensuite, il y a les rénovations urbaines spectaculaires. Le dernier bâtiment restitué aux Berlinois il y a tout juste un an est accessible en se promenant sur l’île aux musées sur la rivière Spree. (visitberlin.de/it/museum). Comme par magie, le palais baroque Hohenzollern semble renaître des cendres des bombardements américains. Cette magie est due à l’architecte italien Franco Stella, qui derrière la reconstruction fidèle de la façade a caché un bâtiment sans précédent de 30 mille mètres carrés, avec de très hautes fenêtres lumineuses et des lignes essentielles. ET le Forum Humboldt (humboldtforum.org/de) dédié au grand naturaliste berlinois du même nom, aujourd’hui un nouveau lieu de culture et de rassemblement : deux grandes places, un foyer avec installation vidéo, une terrasse verte pour profiter du skyline berlinois, et surtout six expositions permanentes (dont une splendide collection d’art asiatique). Le cœur de ce bâtiment très moderne est ancien : un monastère dominicain médiéval, qui se visite grâce à un intéressant parcours souterrain.

L’East Side Gallery, plus d’un kilomètre de l’ancien mur de Berlin recouvert de peintures murales. © visiteBerlin

Dans la citadelle du divertissement

Même dans l’ancien Berlin-Est, la ville se renouvelle : la Kulturbrauerei (visitberlin.de/it/kulturbrauerei) est une charmante ancienne brasserie composée de 20 bâtiments en briques rouges séparés par de grandes cours, transformée en citadelle de culture et de divertissement.. Un cinéma multiplexe, des clubs comme le Soda où l’on peut danser le disco ou la salsa, la Maison de la Poésie pour des lectures et des présentations de livres, le théâtre Ramba Zamba où se produisent des personnes handicapées diverses. Ne manquez pas le musée sur “La vie en RDA”, pour comprendre à quel point le communisme allemand était triste… Le dimanche, la Kulturbrauerei accueille le marché de rue où la currywurst, saucisse avec frites et curry, est populaire. Mais attention, souligne Luisa Mentz de Visit Berlin, “l’objectif de la ville est de devenir neutre en carbone d’ici 2045, et 18,2 millions de kilos de gaz à effet de serre seraient économisés chaque année si l’on mangeait seulement de la currywurst végétalienne à Berlin”. Berlin deviendra-t-elle la capitale végétalienne de l’Europe ? © TOUS DROITS RÉSERVÉS

Ramba Zamba, le théâtre de la Kulturbrauerei. Photo de Frank Hoensch/Getty Images.

Où dormir à Berlin

Hôtel à Oderberg
Rue Oderberger 57.
Dans l’ancien Berlin-Est, la belle rénovation de style industriel de ce qui étaient des toilettes publiques jusque dans les années 1980. Vous prenez un petit-déjeuner copieux avec des produits zéro km dans l’ancienne chaufferie, et vous nagez dans un cadre pittoresque piscine d’époque. Chambre double en B&B 200 €. hôtel-oderberger.berlin

Hôtel Henri
Meinekestraße 9.
Derrière le légendaire Ku’damm, une élégante villa rénovée dans le style du milieu du XIXème siècle, très décorée. Les intérieurs sont agréables, rappelant une maison ancienne et accueillante. Une oasis de paix raffinée. Chambre double en B&B 111 €. henri-hotels.com

Où manger à Berlin

Dîner de desserts en file d’attente
Friedelstraße 47. À moitié caché à Neukölln, un quartier en pleine gentrification. Une expérience gastronomique originale, car les plats sont élaborés avec une prédominance sucrée (jamais de sucre). A l’image de l’iconique Caviar Popsicle, crémeux de topinambour et crème vanille, recouvert d’un « praliné » de caviar Oscietra. tail-berlin.com

Quoi acheter

KDW

Grünberger Straße 20.
La designer Katja Werner produit des pièces uniques et de petites séries d’objets à partir de matériaux recyclés dans son atelier berlinois, comme des chambres à air de vélos et de motos ou des matelas pneumatiques. kwd.berlin/contact

Informations

Visitez Berlin (visitberlin.de) organise des visites guidées sur les avant-gardes vertes : co-habitat, mode verte, balades à vélo.

Office national allemand du tourisme : allemagne.voyage

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