Les points clés
- Postes en mer
- Mode d’action
- La stratégie de Guerini
- Centre d’information unique
Croiseurs, frégates, destroyers. Au total 18 unités plus deux sous-marins. Ils circulent constamment en Méditerranée. Souvent, ils s’arrêtent “au mouillage” dans les étendues de mer où le mouillage est autorisé. Ce sont les navires militaires russes sous le commandement de Vladimir Poutine. Sous haute surveillance, bien sûr, par la défense italienne. Les dislocations sont identifiées, les systèmes de renseignement tournent à plein régime. Il Sole 24ORE est capable de tracer la carte de la présence russe dans la Mare Nostrum. Scène inquiétante même si, les initiés le savent, leur présence est historique depuis des décennies.
La carte des positions en mer
Un groupe naval russe composé de deux unités avec un croiseur et un destroyer est situé à l’ouest de l’île de Crète : c’est le plus proche des côtes italiennes. Une deuxième paire, toujours un croiseur plus un destroyer, se trouve au sud-ouest de la Crète. Une frégate de Moscou est stationnée devant la côte turque. Ensuite, il y a le puissant appareil, celui désormais connu, de la base navale russe de Tartous en Syrie : on estime qu’il y a deux sous-marins et cinq navires de soutien logistique. Une autre unité logistique se trouve dans les eaux au sud de l’île de Chypre, d’autres sont prêtes à soutenir la navigation de celles à caractère spécifique plus offensif. Le coût du séjour en mer est élevé, les besoins en carburant et pas seulement considérables. Toutes les unités ne sont pas indiquées dans la carte graphique pour des raisons de confidentialité. Le total des vingt unités présentes a été récemment annoncé par le chef d’état-major de la Marine Enrico Credendino.
Mouvements et tactiques avec une longue histoire
La présence de la Méditerranée est bien connue de la Défense, en particulier de la Marine, entre autres, engagée depuis 2015 dans l’opération “Safe Sea” avec la surveillance et la sécurisation d’une zone d’environ 160 mille kilomètres carrés. Marins en uniforme de Moscou dans les eaux de Mare Nostrum ils se sont distingués par leur capacité à trouver les points d’amarrage au mouillage. Des zones hors des eaux territoriales, peu nombreuses mais permettent de s’arrêter sans être en navigation continue. Ensuite, il y a des navires marchands civils russes plus que soupçonnés de servir la patrie russe sous un déguisement. Dans l’ensemble, c’est ce qu’on appelle “l’ours rouge”: aujourd’hui, il doit démontrer sa force visible malgré les limites et les lacunes des systèmes navals utilisés. Certaines des modalités sont toujours les mêmes que pour SovMedRon (Soviet Mediterranean Squadron), acronyme de l’OTAN conçu pendant la guerre froide.
Guerini : une stratégie pour la Méditerranée
Les Russes exercent leur influence sur la Libye. Ils ont des liens avec l’Égypte. Le Soudan, en particulier, devrait accorder un port militaire aux militaires de Moscou. Sans parler des projections continues sur le continent africain de la Chine, une puissance mondiale entièrement destinée à accroître sans scrupule son influence économique et politique. Ainsi le ministre de la Défense, Lorenzo Guerini, a voulu lancer une “Stratégie de défense et de sécurité pour la Méditerranée”. Un document cohérent avec l’actualité du conflit russo-ukrainien élargit sa perspective ainsi que le scénario tactique et stratégique. “La Défense devra promouvoir une approche systémique – écrit Guerini – pour l’échange d’informations” afin qu’il y ait “une action unitaire de l’Etat en mer”. La Méditerranée dite élargie est une scène bondée. De nombreux acteurs anciens et nouveaux visibles et cachés. Scénarios en constante évolution. Se tord à plusieurs reprises.
Priorité fondamentale : « supériorité informationnelle »
Guerini souligne : « La supériorité informationnelle est la condition sine qua non pour créer un avantage décisionnel. La Défense doit « se confronter et rechercher des synergies » avec tous les autres départements impliqués dans la sécurité nationale : « Intérieur, Affaires étrangères, Infrastructures, Transition écologique, Développement économique, Agence nationale de cybersécurité, Protection civile ». L’approche dite systémique : Guerini appelle au plein fonctionnement du « Diisme (Dispositif interministériel intégré de surveillance maritime) lancé en 2007 par la Présidence du Conseil des ministres ». Il faut “créer une organisation intégrée de surveillance maritime pour la gestion de toutes les informations recueillies sur la mer par les différents services à travers un centre opérationnel unique – situé au Comm (Navy Operations Center) utilisé jusqu’à présent, quoique avec d’excellents résultats , uniquement dans des cas particuliers et pour des opérations inter-agences limitées dans le temps ». Diism, un projet vieux de 15 ans. Les menaces grouillantes dans la Méditerranée élargie pourraient la débloquer.

