Pourquoi développons-nous des goûts pour certains aliments ?

Il existe de nombreux aliments que beaucoup de gens trouvent insupportables, comme le brocoli ou la colifleur. La première gorgée de café ou de bière, avec leur goût amer, peut aussi être rebutante. Pourtant, avec le temps, ces boissons amères peuvent devenir des plaisirs quotidiens.

Le concept du goût acquis

Comment expliquer ces transformations de goût soudaines ? C’est ici qu’intervient le terme de “goût acquis”. Cette expression décrit non seulement pourquoi nos préférences alimentaires changent, mais aussi comment notre cerveau peut réécrire ses alertes de danger pour transformer le rejet en récompense.

La néophobie alimentaire

Pour vraiment comprendre pourquoi nous en venons à aimer certains saveurs, il faut d’abord saisir pourquoi nous les détestons au départ. Cela s’explique en grande partie par la néophobie alimentaire, un mécanisme de défense évolutif qui nous empêche d’essayer des aliments nouveaux.

En regardant notre histoire préhistorique, les enfants avaient tendance à manger tout ce qu’ils trouvaient. Ainsi, un goût amer était souvent perçu comme un signe de toxicité, ce qui entraînait un rejet instinctif.

Le rôle de la génétique

Il est fascinant de voir que ce rejet à l’égard de certains aliments est souvent programmé génétiquement. Des recherches menées sur des jumeaux ont montré que la néophobie alimentaire chez les enfants est hautement héréditaire, avec une estimée de 72 % d’héritabilité durant les premières années.

Cependant, la génétique ne fait qu’établir les bases. En effet, 28 % des comportements gustatifs peuvent être influencés par des facteurs environnementaux.

Hackeurs de notre cerveau

La question qui se pose alors est : pourquoi certaines personnes deviennent-elles accro au café, alors qu’il est initialement amer ? La réponse réside dans les mécanismes cérébraux de l’apprentissage du goût. Notre cerveau évalue constamment les conséquences de nos repas. Par exemple, si nous avons eu des vomissements après avoir mangé un aliment, nous avons tendance à l’éviter par la suite.

En revanche, si nous consommons un goût amer et que nous ressentons un effet positif, comme un regain d’énergie procuré par la caféine ou une libération sociale due à l’alcool, notre cerveau archive cette expérience comme positive.

L’importance de l’exposition répétée

Pour développer de nouveaux aliments dans notre alimentation, comme chez les enfants, la science affirme que la constance peut aider à surmonter les aversions initiales. Simplement voir un aliment ne suffit pas ; un contact oral répété est nécessaire pour que le système nerveux accepte le nouvel aliment.

Techniques d’adaptation

Pour faciliter l’acceptation de ces aliments, des techniques comme l’adoucissement des saveurs ont été développées. Par exemple, ajouter du sucre au café ou le consommer avec du lait peut agir comme un pont neuropsychologique vers une attente de calories sûres.

L’influence sociale

Le modèle social joue également un rôle-clé dans nos préférences alimentaires. Des études montrent que voir ses parents apprécier un nouvel aliment encourage les enfants à l’accepter. En grandissant, nos goûts sont souvent influencés par le contexte de socialisation ; si nos amis consomment quelque chose sans problème, nous sommes plus enclins à essayer.

En fin de compte, nos préférences alimentaires ne sont pas fixes. Grâce à un mélange de mécanismes biologiques, d’exposition répétée et d’influences sociales, nous pouvons transformer nos aversions initiales en plaisirs savoureux.



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