Leçons du conflit américain en Iran
Le possible dénouement de la guerre en Iran fournit deux leçons majeures pour l’avenir. Premièrement, il est désormais clair jusqu’où les États-Unis étaient prêts à aller pour tenter de renverser le régime de Téhéran. Malheureusement, cela représente de mauvaises nouvelles pour Israël. Deuxièmement, l’Iran a acquéri une connaissance approfondie du pouvoir dévastateur de bloquer le détroit d’Ormuz, capable de secouer l’économie mondiale.
Échec des objectifs de Trump
Aucun des objectifs stratégiques de Donald Trump n’a été atteint. Le régime iranien n’a pas capitulé, mais s’est au contraire renforcé. Les premières concessions des États-Unis ont amélioré la situation de l’Iran, une réalité qui oblige ses ennemis et voisins à reconsidérer leurs relations avec Téhéran.
Le mémorandum de capitulation signé par Trump à Versailles a éliminé les sanctions sur l’exportation de pétrole iranien et a ouvert la voie à la restitution de fonds gelés à l’étranger. Un nouvel accord mettra en place un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars, facilitant le développement du programme de missiles iraniens, pourtant précédemment jugé comme une menace pour la paix mondiale.
Un désastre pour Israël
La défaite de Trump est indéniable, mais elle paraît insignifiante par rapport à la calamité stratégique à laquelle Israël est confronté. En effet, Israël a été laissé de côté dans un accord dont les termes sont tout simplement alarmants. Les États-Unis semblent avoir gelé le front libanais, ignorant les milices soutenues par Téhéran, comme le Hezbollah et les Houthis, modifiant ainsi le paysage de la région.
Une relation en péril
La relation entre Israël et les États-Unis a été sérieusement endommagée, après avoir entraîné Washington dans une guerre qu’aucun président n’avait osé accepter auparavant. La réaction du vice-président Vance face aux critiques israéliennes illustre ce déclin : « Je ne frapperais pas le seul allié puissant qu’il nous reste dans le monde », a-t-il déclaré.
La fin d’un cycle pour Netanyahu
Ce contexte coïncide avec la fin d’un cycle inauguré par les massacres de Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Netanyahu a tenté de remodeler la région à travers une guerre de grande envergure, attaquant Gaza, éliminant la direction du Hezbollah et profitant de la chute des Assad en Syrie. Son projet, climax avec la confrontation avec l’Iran, semble désormais compromis.
Cette opportunité stratégique, que Netanyahu espérait capitaliser, est aujourd’hui envolée, laissant place à une réalité complexe à gérer tant pour Israël que pour les États-Unis. Le paysage géopolitique du Moyen-Orient peut être en phase de transformation, mais seules des stratégies durables et réfléchies pourront éviter de nouvelles escalades.

