Les élections municipales dans les territoires palestiniens : un contexte difficile

Pour la première fois depuis l’attaque terroriste de la Hamas sur Israël et la guerre qui a suivi, des élections municipales se tiennent aujourd’hui dans les territoires palestiniens. Cependant, les conditions de cette élection sont particulièrement défavorables.

Un droit de vote rare

Il est rare que les Palestiniens puissent voter. Leur dernier président a été élu en 2005, et leur dernière élection parlementaire remonte à 2006. En revanche, des élections municipales ont eu lieu plusieurs fois dans la région occupée de la Cisjordanie, faisant de celle-ci la cinquième élection depuis la création de l’Autorité palestinienne.

Un contexte de violence accrue

Ces élections se déroulent dans un climat de violence intensifiée depuis le 7 octobre 2023, avec une augmentation des tensions dans toute la région. De plus, la crise humanitaire à Gaza rend la situation de l’élection encore plus complexe.

Des défis logistiques et de sécurité majeurs

Fareed Tamalla, le porte-parole de la Commission électorale centrale en Palestine, souligne que l’organisation de ces élections est extrêmement difficile. La violence continue à Gaza et les évictions de Palestiniens en Cisjordanie compliquent encore la situation. Près de 800 points de contrôle et les attaques de colons israéliens rendent chaque communauté isolée, créant d’importants défis logistiques.

Beaucoup de Palestiniens se demandent s’il est approprié de tenir des élections alors qu’ils vivent sous le feu et la menace de violences. On s’attend à une faible participation, la Commission électorale espérant que plus de 50 % des électeurs se rendront aux urnes.

Peu d’alternatives et manque de représentation

Dans de nombreuses localités, les élections ne se tiendront même pas, et lorsque les élections ont lieu, une seule liste de candidats est souvent présentée, annulant ainsi le vote. Selon un rapport du Bisan Center, 35 % des Palestiniens ne se sentent pas représentés par les partis politiques actuels.

De plus, un décret du président Mahmoud Abbas exige que seuls les candidats acceptant le programme de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) puissent se présenter, écartant ainsi de facto de nombreux candidats potentiels qui ne partagent pas ces vues.

Un désenchantement croissant

Ubai Aboudi, directeur du Bisan Center, exprime ses doutes quant à la tenue de futures élections significatives. De plus en plus de Palestiniens perdent confiance en la possibilité d’un État autonome et voient les accords d’Oslo comme un moyen de répression plus qu’une solution à leurs problèmes.

Un pas vers une démocratie naissante ?

Pour Ibrahim Dalalsha, directeur du Think Tank Horizon Center, cette élection peut être considérée comme un progrès, bien qu’il définisse clairement que la société palestinienne n’est pas encore prête pour une démocratie établie. Il plaide pour une séparation entre les questions de gouvernance et les grandes questions politiques.

Dalalsha espère que ces élections serviront de modèle pour le futur, tout en sachant pertinemment que le climat de tension et de violence rend la situation très incertaine.

Pour le jour des élections, des attaques contre les bureaux de vote par des colons israéliens sont craintes, et il reste à déterminer si les urnes parviendront à Gaza pour permettre au moins une partie de la population de voter.



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