Telefónica et son virage vers le football : Une stratégie audacieuse
Telefónica, la multinationale espagnole de télécommunications, a récemment fait des vagues en annonçant sa volonté de se concentrer exclusivement sur le football . Après avoir perdu les droits de diffusion de plusieurs compétitions majeures telles que la ACB , la NBA , et la NFL , la société cherche désormais à renforcer sa position sur le marché en acquérant les droits de LaLiga et de la Champions League . Cela marque un tournant crucial dans la stratégie de l’entreprise, qui tente ainsi de freiner l’hémorragie de ses abonnés premium.
Un changement de stratégie nécessaire
Selon des rapports d’ El Confidencial , le président de Movistar, Javier de Paz , a exprimé son intention de soumissionner seul pour les droits de LaLiga pour les trois prochaines saisons, à compter de 2026-2027. De même, Movistar envisagerait de faire de même avec la Champions League, dont les droits expirent un an plus tôt. Cette nouvelle approche contraste radicalement avec la répartition des droits entre Telefónica et DAZN dans le passé, qui, bien qu’elle ait permis à Telefónica d’économiser environ 420 millions d’euros par an, apparaît désormais comme une faiblesse alors que les rivalités se renforcent.
La situation alarmante de Movistar
Les récents résultats financiers de Movistar font état de pertes inquiétantes. La plateforme de streaming a vu son nombre d’abonnés tomber de 4 millions à 3,6 millions à la fin de juin. Pire encore, 600 000 de ces clients appartiennent à l’offre à bas prix « Movistar Plus+ », lancée en 2024, pour seulement 9,90 euros par mois, ce qui a considérablement réduit les revenus par utilisateur. Cette dynamique risque de nuire gravement à la rentabilité de l’entreprise, surtout en perdant ses abonnés les plus rentables, qui payaient plus de 100 euros pour un accès complet à tous les événements sportifs.
Pertes de droits et conséquences
La perte des droits de diffusion de grandes compétitions a intensifié la situation critique de Movistar. Après dix ans d’exclusivité, la ACB a choisi de se tourner vers DAZN et TVE . De même, la NBA a délaissé Movistar pour opter pour Prime Video , ne laissant que quelques matchs et une partie des playoffs. La NFL , incluant l’exclusivité de la Super Bowl , a également quitté la plateforme. Cette série de pertes constitue une véritable crise pour Movistar.
Les efforts désespérés de Movistar
Pour tenter de maintenir son portefeuille d’abonnés, Movistar a déployé des mesures parfois considérées comme désespérées . Des promotions attractives, comme des offres à 4,99 euros pour trois mois, et la diffusion de LaLiga Hypermotion ont été mises en œuvre. La compagnie a même investi dans des compétitions de Latino-Amérique , telles que la Liga Professionnelle argentine et le Brasileirão Betano . Toutefois, ces nouvelles acquisitions ne semblent pas compenser les pertes significatives des droits de diffusion.
Les défis à surmonter
Javier Tebas, président de LaLiga, a répondu à cette décision en précisant que la ligue doit garantir une transparence maximale et ouvrir la mise aux enchères à un plus grand nombre d’intérêts, afin de maximiser le prix de vente. Cette déclaration fait écho à la pression croissante du Real Madrid, dont le président Florentino Pérez a déjà déposé plusieurs plaintes contre le modèle d’attribution des droits. La prochaine enchère débutera en septembre, et DAZN, grâce à son soutien financier de Len Blavatnik , ne restera pas les bras croisés.
Cette dynamique compétitive non seulement affecte Telefónica, mais également l’écosystème entier des diffusions sportives en Espagne. L’avenir du football dans le pays pourrait se redessiner au gré des enchères à venir, comme des géants du streaming cherchent à gagner une part de marché significative. Les amateurs de football vont sans doute suivre de près cette guerre des droits, qui pourrait redéfinir qui détient réellement le pouvoir dans la diffusion des sports en Espagne. L’enjeu est non seulement financier, mais aussi culturel, car le football est profondément ancré dans l’identité nationale.

