Pese à l’annonce de ses intentions la semaine dernière, Telefónica a récemment détaillé un Établissement de Réglementation de l’Emploi (ERE) qui pourrait impacter environ 5.300 employés en Espagne, ainsi que dans ses filiales (Telefónica Espagne, Móviles et Soluciones), et même sa plateforme de télévision, Movistar+.

Un plan stratégique controversé

Cette décision n’étonne guère, car elle s’inscrit dans le cadre du plan stratégique Transform & Grow 2030, visant une réduction des coûts opérationnels de 1.510 millions d’euros. Les syndicats UGT, CCOO et Sumados-Fetico ont été informés des conséquences de cet ERE, justifié par des “causes organisationnelles, techniques et de production”.

Les détails des suppressions de postes

Pour Telefónica Espagne, 3.649 postes seront supprimés, représentant une proportion alarmante de 41,04% du personnel. Dans la filiale Telefónica Móviles, ce sont 1.124 employés qui seront concernés, soit 31,34% des effectifs, tandis que Telefónica Soluciones prévoit la suppression de 267 postes (23,89%).

Concernant Movistar+, 279 employés de la plateforme, qui compte au total 860 travailleurs, verront leur poste supprimé (32,45%). Parallèlement, la société n’a pas encore finalisé l’estimation des suppressions dans ses autres divisions, telles que Telefónica Global Solutions et Telefónica Innovación Digital, dont l’impact total sera révélé ultérieurement.

Les syndicats réclament des sorties volontaires

Face à ces masques d’angoisse, les syndicats ont constitué des tables de négociation pour chaque société touchée, avec un calendrier d’environ un mois pour conclure des accords. Ils insistent sur le fait que toute suppression devrait privilégier les départs volontaires et la préretraite, une approche qui avait été privilégiée lors du précédent ERE.

Les syndicats ont formulé des demandes spécifiques, notamment des départs échelonnés pour les employés nés entre 1969 et 1971 qui approchent des 55 ans en 2026, permettant ainsi un passage vers la préretraite. Cette stratégie s’inscrit dans un cadre plus large visant une amélioration des garanties de stabilité jusqu’en 2030.

Conséquences financières et perspectives d’avenir

Les chiffres actuels de suppressions d’emplois sont encore des estimations et pourraient varier après négociations. Le coût de l’ERE sera enregistré dans les comptes de l’exercice 2025. Les représentants syndicaux souhaitent également que les conditions de l’ERE soient alignées avec le nouveau plan stratégique de Telefónica.

Ce plan indique clairement que Telefónica est en pleine transformation. L’entreprise, ayant réduit ses effectifs de 67.000 employés en 1997 à seulement 25.000 aujourd’hui, ambitionne de diminuer encore ce chiffre. De nombreux observateurs considèrent cet ajustement comme une tentative d’adaptation à de nouveaux défis économiques et concurrentiels dans le secteur des télécommunications.

Un futur plein d’incertitudes s’annonce pour les salariés qui espèrent maintenir leurs acquis dans ce contexte de reconstruction stratégique.



F1-ES