
Javier SánchezEnviado especial Tokio
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Depuis la retraite spectaculaire de Usain Bolt, le monde de l’athlétisme a ressenti un vide considérable. Mais une athlète se démarque et pourrait bien devenir la superstar dont le sport a besoin : Sydney McLaughlin-Levrone. Si elle est déjà connue comme l’actuelle championne olympique des 400 mètres haies et détentrice du record du monde , sa renommée mondiale reste étonnamment limitée. Comment une athlète de son envergure peut-elle passer sous le radar de la célébrité globale ?
À l’occasion des Jeux Olympiques de Paris, McLaughlin-Levrone a décidé de changer de spécialité en se tournant vers le sprint pur des 400 mètres. “Les haies attirent souvent une base de fans plus restreinte”, admet-elle. Mais cette transition soulève également des questions : quels seront les impacts de ce changement sur sa carrière ? De plus, la pression d’être attendue pour battre des records est omniprésente. “J’ai appris à vivre avec ces attentes”, dit-elle. “Dans les 400 mètres haies, on s’attend à ce que je batte le record. En revanche, les 400 mètres lisses exigent davantage de temps et d’apprentissage.” Elle paraît confiante, déterminée à relever ce défi avec humilité et patience.
Dans une récente interview, Sydney a été interrogée sur sa réputation grandissante. “Une fois que les Jeux Olympiques ont eu lieu, j’ai remarqué un changement”, dit-elle. “Les gens me reconnaissent davantage, principalement aux États-Unis. En général, la conversation commence par un ‘Je vous connais, n’êtes-vous pas une athlète ?’” Ce désir de rester concentrée, de ne pas s’attarder sur les réseaux sociaux ou les médias est fondamental dans sa carrière. “Cela reste une distraction, je préfère me concentrer sur mes performances”, explique-t-elle.
En tant que femme, McLaughlin-Levrone fait face à des défis uniques dans le monde du sport. La plupart des athlètes cherchent à bâtir leur image publique tout en réussissant sur la piste. Cependant, elle prend un chemin différent . Son approche est marquée par une grande foi et une identité personnelle solide qui ne se mesure pas uniquement à ses victoires. “Ma foi me permet de rester centré”, précise-t-elle. “Je me rappellerai toujours que ma valeur ne dépend pas de mes performances.” Cela lui confère une résilience rare face à la pression croissante qui l’entoure.
Le rêve d’aligner ses pas sur la piste du Colisée de Los Angeles, en 2028, où son père, Willie, a également concouru, est tangible pour Sydney. “Ce serait incroyable pour ma famille”, s’exclame-t-elle. Elle se prépare mentalement à un possible double défi dans ces Jeux : les 400 mètres lisses et les 400 mètres haies. Cependant, elle reste prudente : “Je ne peux pas vraiment évaluer cela pour l’instant. Chaque épreuve comporte ses défis.” Ses mots révèlent un mélange de réalisme et d’ ambition .
Au-delà de l’athlétisme, Sydney a un amour profond pour le football, héritage de ses années passées à jouer en tant qu’ailière. “Si je n’avais pas été athlète, j’aurais probablement été footballeuse”, confie-t-elle. Aujourd’hui encore, le désir de toucher le ballon l’assaillit : “Chaque fois que je vois un ballon, j’ai envie de jouer, mais je dois résister pour éviter les blessures.” Ce lien avec ses racines sportives montre la complexité de son identité d’athlète et d’individu.
Sydney McLaughlin-Levrone incarne l’avenir de l’athlétisme féminin et montre que l’athlétisme, au-delà des records et des médailles, est aussi une question de détermination, de foi et de résilience. Sa volonté de grandir, tant sur le plan personnel que sportif, inspire non seulement ses pairs, mais aussi la prochaine génération d’athlètes. À mesure qu’elle se prépare pour les défis à venir, il est certain que Sydney continuera à captiver les cœurs et les esprits, tout en redéfinissant ce que signifie être une athlète aujourd’hui.