Arrestation des bureaux de la Deutsche Bank : une affaire de Cum-Cum en cours

Des dizaines de procureurs et d’enquêteurs financiers de Düsseldorf ont mené une perquisition dans le quartier général de la Deutsche Bank, en lien avec des transactions fiscales potentiellement illégales de la Postbank. Selon les informations de WDR, NDR et Süddeutsche Zeitung (SZ), l’enquête porte sur des activités menées entre 2008 et 2010, avec un préjudice pour l’État estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.

Les allegations contre la Postbank

La Staatsanwaltschaft (Procureur public) soupçonne la Postbank d’avoir payé plus de 350 millions d’euros d’impôts en moins durant cette période grâce à ces transactions entachées de doute. Dix anciens dirigeants de l’institution financière ont été désignés comme suspects. Bien que la Deutsche Bank ne soit pas directement impliquée dans ces affaires, elle a acheté la Postbank progressivement à partir de 2009, complétant l’acquisition en 2018.

En tant que successeur légal de la Postbank, la Deutsche Bank a donc été perquisitionnée. Un porte-parole de la banque a confirmé qu’il s’agissait d’une action de la Staatsanwaltschaft de Düsseldorf, et que la banque collaborait pleinement avec les autorités.

Cum-Cum : un système d’évasion fiscale

Les transactions nommées “Cum-Cum” impliquent des opérations d’achat et de vente d’actions autour des dates de versement de dividendes, permettant ainsi aux contribuables d’échapper à l’imposition. Ces manœuvres ont eu pour résultat que le Fiskus (trésor public) n’a pas pu percevoir certaines taxes, ni récupérer certaines des trop-perçus d’impôts.

Malgré une décision du Bundesfinanzhof en 2015, qui a déclaré que certaines formes de ces transactions étaient illégales, la récupération des fonds par les autorités fiscales avance lentement. À ce jour, le dommage total en Allemagne, lié à ces pratiques, est estimé à 7,3 milliards d’euros, allant jusqu’à 28 milliards d’euros selon des experts.

Le rôle de la Deutsche Bank

Initialement vue comme un acteur secondaire dans ce scandale, des recherches menées par SZ et WDR ont révélé en mars 2026 que la Deutsche Bank pourrait avoir été impliquée dans des transactions de Cum-Cum, ayant potentiellement encaissé plus de 600 millions d’euros entre 2009 et 2015, fonds qui auraient dû revenir à l’État. Un porte-parole de la banque a évité de commenter cette situation, réaffirmant la coopération de la banque avec les autorités.

Alors que les enquêtes sur les transactions de Cum-Ex ont déjà abouti à des peines de prison dans certains cas, la situation reste encore floue pour les transgressions de Cum-Cum, où chaque cas doit être examiné individuellement pour déterminer les responsabilités.



F1-ES