La Découverte de Tharais : Une Énigme Résolue Grâce au Mosaïque de Madaba

Depuis des décennies, les archéologues scrutent le mosaïque de Madaba, un artefact essentiel pour comprendre l’histoire de la Terre Sainte, en se posant une question apparemment sans réponse : où se trouvait exactement la ville byzantine de Tharais ? Bien que cette cité figure sur la carte, sa localisation exacte reste un mystère. L’émergence récente de nouvelles découvertes pourrait cependant bouleverser notre compréhension de cette région historique.

Le Mosaïque de Madaba et Son Importance

La Basílica de San Jorge est un lieu de culte orthodoxe construit à la fin du XIXe siècle à Madaba, en Jordanie, située à moins de 100 km de Jérusalem. Elle attire des visiteurs non pas seulement pour son architecture, mais surtout pour ce qu’elle renferme. La base de ce temple repose sur les vestiges d’un ancien temple byzantin datant du VIe siècle, abritant le mosaïque de Madaba, qui propose la plus ancienne représentation cartographique connue de la Terre Sainte.

Dans ce mosaïque, le mer Morte est illustré par des bateaux de pêche, le fleuve Jourdain est orné de ponts, et des villes comme Jéricho, Béthléem et une représentation détaillée de Jérusalem sont fièrement exposées. Parmi ces détails, la ville de Tharais mérite une attention particulière.

La Quête de la Localisation de Tharais

La question de l’emplacement de Tharais a longtemps enflammé le débat académique. Les archéologues se sont orientés vers la Jordanie, mais sans piste claire. Des théories ont même émis l’idée de la situer à Dhat Rass, une région éloignée. Récemment, un groupe de chercheurs dirigé par Musallam Al-Rawahneh de l’Université de Mutah a décidé de clarifier cette énigme.

En utilisant de nouvelles méthodes de recherche, ainsi qu’en se basant sur les informations précieuses fournies par le mosaïque de Madaba, ils ont mené des études dans la région occidentale de Karak. Ces investigations ont révélé une augmentation significative de fragments de céramique et des vestiges architecturaux byzantins, orientant leur recherche vers un endroit spécifique : la population d’El-‘Iraq.

Les Découvertes Archéologiques Cruciales

Les archéologues, après de longues investigations, ont découvert tant de fragments de céramique près d’El-‘Iraq qu’ils ont compris qu’ils étaient sur la bonne voie. En effet, des vestiges architecturaux tels que des colonnes, une porte et des mosaïques ont été trouvés, indiquant la présence d’une basilique byzantine, ce qui correspondait parfaitement à l’image de Tharais figurant dans le mosaïque de Madaba.

Comme l’a souligné Al-Rawahneh, leur enquête entre 2021 et 2024 a permis de rassembler des éléments de preuve de plus en plus solides : des inscriptions funéraires anciennes en grec et en latin datées entre les Ve et VIIe siècles, confirmant ainsi la présence d’une communauté chrétienne dans le secteur.

Tharais : Importance Historique et Culturelle

La découverte de la ville de Tharais n’est pas qu’un simple point d’intérêt archéologique. Elle aide à retracer l’histoire du des Romains d’Orient et soulève des questions sur le rôle de cette ville dans le passé. En effet, Tharais semble avoir été à la fois un centre religieux et un carrefour commercial stratégique.

Selon Al-Rawahneh, “la signification de Tharais dans le mosaïque de Madaba et la découverte des architectures suggèrent qu’elle était non seulement un village agricole, mais aussi un lieu sacré et un point d’arrêt commercial.”

Une Nécropole et un Patrimoine à Protéger

En plus des vestiges architecturaux, les chercheurs ont également mis au jour une almazara, des moulins à eau et des équipements pour la transformation des raisins, renforçant ainsi l’idée que Tharais était un établissement autonome. Leurs découvertes, publiées dans la revue spécialisée Gephyra, soulignent l’importance cruciale de préserver le patrimoine culturel de la Jordanie.

Al-Rawahneh insiste : “Nous ne visons pas uniquement à découvrir Tharais, mais également à défendre la protection de ce riche patrimoine culturel.” Il est clair que des fouilles supplémentaires seront nécessaires pour comprendre comment vivaient les habitants et comment ils interagissaient avec d’autres cités de l’empire.

Le déchiffrement de ces mystères liés à Tharais nous rappelle que chaque découverte archéologique a le potentiel d’élargir nos connaissances non seulement sur des lieux disparus mais également sur l’histoire humaine dans son ensemble. En protégeant ces sites, nous préservons l’héritage pour les générations futures.



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