La lutte citoyenne contre le projet de biogaz à Cabezón de la Sal
La Plateforme Citoyenne de Cabezón de la Sal a récemment exprimé sa satisfaction suite à l’annonce du Gouvernement de Cantabrie, dirigé par le Parti Populaire (PP), d’archiver définitivement le dossier concernant la construction d’une usine de biogaz . Ce projet, défendu par l’entreprise Biogenera Innovación SL, aurait pu avoir des conséquences environnementales et sanitaires préoccupantes pour la communauté.
Les membres de la plateforme, qui regroupent des habitants , des associations et divers collectifs , se sont mobilisés pendant plusieurs mois afin d’alerter sur les risques associés à l’implantation de cette installation dans une zone déjà compromise par des usages industriels antérieurs. Comme l’indiquent les représentants de la plateforme, “Ce résultat est le fruit d’un travail collectif qui a permis de mettre en lumière les dangers que représenterait la mise en œuvre de ce projet”.
Un dossier archivé, mais des inquiétudes demeurent
Malgré cette nouvelle sur l’archivage, la plateforme reste préoccupée . Le communiqué met en garde : “Cet archivage ne signifie pas que la menace ait disparu.” En effet, ils craignent que des promoteurs privés ne tentent de soumettre de nouveaux projets dans le même emplacement, même lorsque les déclarations d’intérêt public peuvent être obsolètes ou sans fondement. Ce qui soulève la nécessité d’une vigilance constante vis-à-vis de futures tentatives.
Le droit, selon la jurisprudence et la Loi 2/2001 de Cantabrie, stipule que les déclarations d’intérêt public perdent leur effectivité lorsque le dossier auquel elles sont liées est archivé. Ainsi, il devient crucial de s’assurer que tout projet avec des objectifs lucratifs ne puisse pas être immédiatement assimilé à un service d’intérêt social.
Les implications réglementaires et environnementales
Les membres de la plateforme ont également exprimé leur déception face à l’administration qui, selon eux, a laissé passer ce projet. “Il était évident dès le début qu’il existait des motifs légitimes et avérés pour son rejet immédiat”, affirment-ils. Parmi ces motifs, la présence d’une autorisation environnementale intégrée antérieure, des doutes quant à la contamination des sols , et l’ incompatibilité urbanistique ont été cités. Les défenseurs de l’environnement soulignent que la loi aurait dû permettre de bloquer cette demande sans qu’il soit nécessaire de créer une mobilisation citoyenne.
Ils constatent donc que le chemin à suivre est clair : l’activité de vigilance doit se poursuivre afin d’anticiper d’éventuels nouveaux projets industriels incompatibles avec le développement durable de Cabezón de la Sal et de ses environs. La plateforme a annoncé qu’elle prévoyait d’ intenter une demande formelle auprès de la commune afin de modifier le Plan Général d’Ordonnancement Urbain (PGOU) . Le but étant d’exclure explicitement la possibilité d’installer de telles structures industrielles dans des zones rurales ou à proximité de zones habitées.
Un modèle de développement régional durable
La responsabilité envers l’environnement est également abordée par la plateforme, qui se déclare ouverte à un dialogue constructif visant à établir un modèle de développement régional basé sur des énergies propres . L’enjeu : respecter à tout moment le territoire, la santé publique et les réglementations environnementales en vigueur. “Notre engagement en faveur d’un environnement sain ne s’arrête pas avec l’archivage de ce dossier”, ajoutent-ils. “C’est seulement une étape supplémentaire dans notre quête pour protéger nos droits.” Cette déclaration souligne l’importance d’une civisme actif et d’une tendance à agir pour le bien collectif à long terme.
La décision d’archiver le projet de l’usine de biogaz a également été l’occasion pour le conseiller de l’environnement, Roberto Media , d’expliquer que la décision était fondée sur le fait qu’une autorisation environnementale intégrée existait toujours pour l’ancienne usine de céramique située sur ces terres. Selon lui, tant que cette autorisation n’est pas clôturée, une nouvelle demande d’autorisation ne sera pas traitée. Cela ouvre un débat essentiel sur comment gérer les sites industriels antérieurs et leur potentiel impact environnemental, tout en préservant les droits des citoyens.

