Des incidents à répétition chez Ryanair
Il est rare qu’un avion décolle à l’heure tout en laissant des centaines de passagers sur le tarmac. Pourtant, cela s’est produit plusieurs fois avec Ryanair ces dernières semaines, et la cause réside en grande partie dans un nouveau processus en Europe.
Le nouveau système de contrôle aux frontières
La Union Européenne a mis en œuvre le Système d’Entrée et de Sortie (EES), un contrôle numérique qui exige que les citoyens non européens, y compris les Britanniques depuis le Brexit, enregistrent leurs données biométriques à chaque passage d’une frontière du Schengen. Cela comprend des scans faciaux et des empreintes digitales.
Déploiement du système
Le système EES a débuté en octobre et devait être pleinement opérationnel dans tous les pays du Schengen d’ici le 10 avril. Cependant, le temps qu’il faut pour traiter chaque passager était sous-évalué, ce qui a conduit à des embouteillages considérables aux contrôles.
Ce qui s’est passé à Milan
Le 16 avril, un vol Ryanair à destination de Manchester a quitté l’aéroport de Bergame, laissant des passagers bloqués dans une file d’attente aux contrôles frontaliers. Adam Hassanjee, un jeune de 18 ans, a rapporté à la BBC qu’il était resté coincé pendant une heure et demie avant de voir l’avion décoller. Il a dû improviser un trajet alternatif via Malte et Leeds.
Des incidents similaires
Le même jour, EasyJet a connu une situation analogue à l’aéroport de Linate à Milan, où sur 156 passagers d’un vol pour Manchester, seuls 34 ont réussi à embarquer.
D’autres incidents à signaler
Le 10 avril, date de mise en service du EES dans toute la zone Schengen, un autre vol Ryanair entre Tenerife Sud et East Midlands a également laissé des passagers sur le tarmac. Parmi eux, un enseignant de 42 ans, sa femme, et leur fils de deux ans ont dû débourser 1600 livres sterling pour rentrer chez eux, car le prochain vol de Ryanair n’était prévu que pour une semaine plus tard.
La réponse de Ryanair
Ryanair a fermement contesté l’idée qu’elle avait “laissé des passagers derrière”. L’entreprise soutient que les passagers présents à l’heure de l’embarquement ont volé. Ceux qui sont arrivés trop tard ont simplement raté leur vol. Ryanair avance que, une fois l’embarquement fermé, le manifeste des passagers est signé et envoyé au capitaine, ce qui rend impossible d’accueillir d’autres passagers.
La question de la ponctualité
Sur le plan technique, Ryanair peut avoir raison. Cependant, l’image qu’elle projette est celle d’une compagnie prête à partir à l’heure, même sans certains passagers, au lieu d’attendre qu’un système de contrôle inefficace laisse passer les voyageurs. Cette attitude, bien que courante dans l’industrie, laisse une impression mitigée, surtout après les désagréments causés par l’EES. Des témoignages, comme celui de Peter Walker, démontrent un manque flagrant de communication avec les passagers de la part de la compagnie aérienne.
La réaction de Bruxelles
La Commission Européenne a défendu le EES, affirmant qu’il “fonctionne très bien” et qu’il n’y a eu que quelques cas d’incidents dans certains pays. En revanche, elle a reconnu avoir constaté des problèmes techniques au début de son déploiement. Depuis son lancement, le système a enregistré plus de 56 millions de passages de frontières et a empêché l’entrée de 28 500 personnes, dont 700 identifiées comme des menaces pour la sécurité.

