Un Erreur qui Coûte Cher: La Patente d’Ozempic au Canada
Une situation pour le moins inattendue a émergé concernant la patente qui protège Ozempic , un médicament très prisé. La société Novo Nordisk , responsable du développement de la semaglutide , la substance sur laquelle repose ce traitement, n’a pas payé les frais de maintien de cette patente pendant plusieurs années. Cette négligence, qu’elle soit le fruit d’une erreur ou d’une stratégie calculée, pourrait avoir des répercussions énormes sur le marché canadien.
La Surprise de l’Expert Pharmaceutique
Il y a quelques jours, le chimiste et expert en industrie pharmaceutique, Derek Lowe , a attiré l’attention sur ce sujet via un article publié sur Science . Il a révélé que Novo Nordisk n’a pas réglé les frais de maintien de la patente depuis 2018, des frais qui s’élèvent aujourd’hui à environ 370 dollars canadiens par an. Ces frais sont essentiels pour maintenir les droits de propriété intellectuelle sur des médicaments comme Ozempic et Wegovy .
Selon la Base de Données des Patentes de Canada , l’état de cette patente est désormais ” caduc et au-delà du période de relance “. Selon les lois canadiennes, il existe un délai de grâce de 12 mois pour le paiement des pénalités et des rappels, délai que Novo Nordisk aurait largement dépassé.
Le Marché des Médicaments Génériques en Ébullition
La révélation des manquements de Novo Nordisk pourrait ouvrir la voie à des concurrents . Dans une récente interview , Richard Saynor , PDG de Sandoz , a exprimé son intention de lancer un médicament générique basé sur le GLP-1 , la hormone que la semaglutide imite. Cela souligne à quel point la concurrence pour les médicaments destinés à traiter la diabeticité et la perte de poids est féroce.
Comme Lowe l’explique, la concurrence sur le marché des génériques est extrêmement rude . Les entreprises cherchent à élaborer des stratégies pour miner les patentes existantes afin de pouvoir entrer sur de nouveaux marchés. Actuellement, peu de marchés sont aussi attrayants que celui des agonistes des récepteurs GLP-1 , à l’instar d’Ozempic et Wegovy.
Conséquences sur le Marché Canadien
Un détail crucial relevé par Saynor est que le Canada représente le deuxième plus grand marché pour la semaglutide, juste après les États-Unis. Ce fait peut être dû non seulement à la forte consommation du médicament, mais également aux transactions transfrontalières . “Il est évident qu’il existe une dynamique commerciale, similaire à celle de l’insuline, qui traverse la frontière,” a-t-il commenté.
Il est donc plausible que le virement de la patente au Canada ne soit pas seulement un problème pour Novo Nordisk, mais pourrait également porter un coup dur à sa principale concurrente, Eli Lilly , qui développe les médicaments Zepbound et Mounjaro , basés sur un autre composé. L’arrivée d’un concurrent générique ne pourrait donc que compliquer la situation pour ces entreprises déjà engagées dans un marché en pleine transformation .
Erreur ou Stratégie Calculée?
Le questionnement sur la négligence de Novo Nordisk est légitime: s’agit-il d’une simple erreur , ou d’une stratégie soigneusement planifiée? Selon Lowe, l’entreprise avait manifesté dès 2017 des réserves quant aux frais de maintien de la patente canadienne. Il est possible que, n’ayant pas anticipé l’ explosion du marché pour Ozempic, Novo Nordisk ait jugé inapproprié de continuer à payer les frais de maintien.
La question demeure: quel en serait l’impact sur l’ensemble de l’industrie pharmaceutique, alors que le marché des traitements pour la diabeticité et la perte de poids s’intensifie? L’avenir des médicaments génériques et de la concurrence pourrait bien dépendre de cette décision d’entreprise.

