Des relations complexes entre l’Espagne et la Chine

Les relations entre la Chine et l’Union européenne sont réputées pour leur complexité. L’Espagne, quant à elle, semble prendre un chemin différent en cherchant à se rapprocher davantage du géant asiatique. Dans ce contexte, le pays cherche à équilibrer tant bien que mal ses relations commerciales avec la Chine tout en respectant les règles de l’UE.

Les initiatives espagnoles

Le ministère de la Défense espagnol illustre cette volonté de rapprochement, en promouvant le pays comme médiateur entre l’Union européenne et la Chine. Des efforts précédents, comme ceux du gouvernement de Pedro Sánchez, ont tenté d’établir un équilibre dans le cadre de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Des investissements, comme celui de la usine de CATL en Aragón, montrent que l’Espagne est prête à accueillir des capitaux chinois, tout en étant vigilante face aux critiques qui pourraient apparaître en Europe.

Renouvellement de la flotte ferroviaire

Tout récemment, les trains sont devenus un sujet central d’intérêt. Renfe, l’opérateur ferroviaire espagnol, envisage de renouveler sa flotte de trains à grande vitesse. Une nouvelle appel d’offres devrait être lancé, attirant l’attention sur plusieurs fabricants, dont un en particulier : la China Railway Rolling Stock Corporation (CRRC).

Avantages et préoccupations

Les propositions de CRRC sont alléchantes ; l’entreprise chinoise offre non seulement des trains à des prix compétitifs, mais aussi des délais de livraison qui surpassent ceux des fabricants européens. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a exprimé son intérêt, soulignant un défi : l’acceptation de cette approche par l’Europe.

Comparaison des délais de livraison

“Les fabricants chinois livrent des trains à moitié prix en six mois, alors que l’industrie européenne propose des délais de 60 mois.”

Ces mots de Puente mettent en évidence la dure réalité à laquelle sont confrontés les fabricants européens. La rapidité de CRRC pourrait offrir des avantages substantiels à l’Espagne, mais soulève la question de la qualité et des normes de sécurité des trains.

Les concurrents européens

D’autres entreprises, comme Siemens, Hitachi, Alstom et CAF, cherchent également à obtenir le contrat pour fournir des trains. Siemens propose son modèle Velaro Novo, capable d’atteindre des vitesses élevées, mais doit encore prouver sa capacité à produire en masse. Les autres concurrents, comme Hitachi, offrent des trains déjà utilisés dans d’autres pays, représentant ainsi une option à considérer.

Financement et implications

Le coût de chaque unité de train pourrait atteindre environ 27 millions d’euros. Pour financer cet investissement, l’Espagne envisage de s’adresser à la Banque européenne d’investissement, ce qui pose un défi pour le fabricant chinois, déjà sous le radar de la Commission européenne en raison de subventions considérées comme déloyales.

Problèmes antérieurs avec la Chine

La situation de la Bulgarie, qui a envisagé d’acheter des trains chinois avant d’être confrontée à une enquête de l’UE, illustre les défis que l’Espagne pourrait rencontrer. La commission a stoppé le projet, mais l’Espagne semble déterminée à poursuivre son objectif de renouvellement de flotte.

Conclusion

Les ambitions de l’Espagne dans le secteur ferroviaire révèlent un dilemme commercial : l’opportunité d’acquérir des trains rapides et abordables contre l’acceptabilité au sein de l’Union européenne. Le désir de l’Espagne de se rapprocher de la Chine pourrait transformer le paysage ferroviaire européen, mais à quel prix ?



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