La politique de Mercadona sur les primes et les arrêts de travail
Travailler chez Mercadona peut s’accompagner de certaines conséquences financières regrettables en cas de maladie. Bien que les arrêts de travail soient couverts par la Sécurité Sociale, les jours d’absence peuvent impacter le montant du bonus annuel lié aux objectifs qui est réparti entre les employés.
Jurisprudence récente et son impact
Une récente décision de la Cour Suprême espagnole a validé la possibilité pour Mercadona de déduire la part proportionnelle des périodes de maladie de ce bonus par objectifs. Cette décision a été justifiée comme non-discriminatoire pour les employés en arrêt maladie. Ce jugement apporte une clarification sur les pratiques de l’entreprise en matière de rémunération.
Le cadre légal du bonus chez Mercadona
Selon l’article 31 du convention collective de Mercadona, en vigueur jusqu’en 2028, le bonus annuel est conditionné à l’atteinte d’objectifs individuels et à un minimum de trois mois de travail au sein de l’entreprise durant l’année concernée. Le montant de ce bonus correspond à une mensualité du salaire de base du groupe professionnel, versée lors de la première semaine de mars.
La controverse autour des arrêts de travail
Le point controversé stipule que si un employé dépasse 30 jours d’arrêt maladie pour des raisons communes, ces jours ne sont pas comptabilisés comme temps de travail pour le bonus. En revanche, les arrêts dus à des accidents de travail ou d’autres raisons comme un congé maternité sont toujours considérés comme du temps travaillé.
La réaction des syndicats
Les syndicats, notamment la Confédération Intersyndicale Galicienne (CIG), ont contesté cette clause, arguant qu’elle représente une discrimination envers les employés malades. Ils se sont appuyés sur des articles de la loi 15/2022 sur l’égalité de traitement, qui prohibe les discriminations basées sur des conditions de santé.
Décision des tribunaux
Malgré les objections des syndicats, la Cour Suprême a validé les pratiques de Mercadona, considérant que l’absence pour maladie ne comptait pas comme un temps de travail effectif. L’entreprise n’est donc pas contrainte de maintenir les primes liées aux objectifs durant ces périodes.
Une distinction justifiée ?
La Cour a également noté que les différences de traitement entre les arrêts de travail pour raisons professionnelles et les raisons communes sont justifiées. Les employés qui tombent malades à cause de leur travail bénéficient d’un traitement privilégié, car leur santé a été compromise pour le bénéfice de l’entreprise.
Les implications de la décision
Bien que les juges aient confirmé que déduire le bonus en proportion des jours d’arrêt soit légal, ils ont identifié une clause du convention collective comme invalidant. Selon la décision, un employé en arrêt pour maladie doit voir ses jours comptabilisés pour le seuil de trois mois requis pour toucher le bonus, même si le montant du bonus final peut être réduit proportionnellement.
Conclusion
La question de la déduction des primes en cas de maladie chez Mercadona soulève des enjeux importants sur le droit du travail en Espagne. Les employés doivent être conscients des règles qui régissent leur rémunération et de la manière dont leur absence peut les affecter financièrement.

