Reconnaissance institutionnelle lors des adieux à Carlos Garaikoetxea

Un hommage sous la pluie

À Pamplona, le 5 mai, le tanatorio San Alberto a accueilli un nombre important d’autorités et d’ex-responsables politiques pour faire leurs adieux à Carlos Garaikoetxea, ancien lehendakari, décédé à l’âge de 87 ans. La pluie qui tombait ce jour-là a ajouté une touche de mélancolie à une cérémonie marquée par la sobriété et le respect. Les témoignages de reconnaissance ont afflué, soulignant l’importance historique de Garaikoetxea dans la politique basque et navarraise.

Une figure emblématique de la politique

Eba Blanco, la secrétaire générale d’Eusko Alkartasuna, a été l’une des premières à s’exprimer devant les médias. Elle a décrit la perte de Garaikoetxea comme “énorme”, évoquant son rôle de “homme d’État” toujours prêt au dialogue. Dans un contexte décrit comme “dur et difficile”, elle a rappelé son incroyable impact sur la construction institutionnelle après la dictature, mentionnant des avancées majeures telles que la normalisation de la langue basque et la création d’institutions comme Osakidetza et la Ertzaintza.

Soutien des dirigeants navarrais

Le vice-président du gouvernement de Navarre, Javier Remírez, a également rendu hommage à Garaikoetxea, exprimant ses condoléances à la famille et soulignant les nombreuses étapes de sa carrière, depuis parlementaire jusqu’à lehendakari. Remírez a mis l’accent sur son engagement “pour la paix, la coexistence et la liberté”.

D’autres membres du gouvernement de Navarre, comme le conseiller Mikel Irujo, ont également partagé leurs réflexions. Irujo a décrit Garaikoetxea comme un “référent” pour des générations qui ont dû tout reconstruire. Joseba Azkarraga, ancien conseiller de la justice, a ajouté que des “milliers de personnes” se trouvent désormais “orphelines sur le plan politique” suite à la disparition de ce grand homme.

Un promoteur de l’autonomie et de l’identité

Unai Hualde, le président du parlement navarrais, a qualifié cette journée de “triste” tout en soulignant le rôle de Garaikoetxea en tant que premier lehendakari et sa contribution majeure à l’autogouvernement basque. Pour lui, Garaikoetxea était un emblème de la défense de la langue basque et des ikastolas.

Le maire de Pamplona, Joseba Asiron, a également voulu rappeler l’identité de Garaikoetxea, soulignant qu’il était “pamplonés de naissance et navarro de vocation”. Il a affirmé que ce dernier défendait “l’âme basque de Navarre” et l’a considéré comme une “figura clé” dans l’histoire récente d’Euskal Herria.

Un dernier adieu

En conclusion, la présidente du gouvernement navarrais, María Chivite, a ajouté que Garaikoetxea pouvait servir d’exemple en matière de construction de la coexistence, mettant en avant ses valeurs de droits de l’homme et de justice sociale. Elle a confirmé sa présence au funérail prévu le lendemain.

La chapelle ardente de Pamplona devrait être transférée mercredi au Palais d’Ajuria Enea à Vitoria, l’ancienne résidence du lehendakari, avec un service commémoratif prévu à l’église de San Francisco Javier. Le départ de Carlos Garaikoetxea laisse un vide indéniable dans le paysage politique et social basque, mais son héritage perdurera à travers les valeurs qu’il a défendues tout au long de sa vie.



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