Controverse autour de l’achat de rations alimentaires à Lima
Une importation controversée
L’entreprise Lealto EIRL a été au centre d’une controverse suite à un contrat d’approvisionnement alimentaire de S/2.780.000 conclu avec le Gouvernement Régional Métropolitain de Lima (GRML). Selon le quotidien La República, cette entreprise a importé 40.000 rations de Miami plusieurs semaines avant la formalisation du contrat, soulevant des soupçons de favoritisme et de simulation dans le processus d’appel d’offres.
Chronologie troublante des événements
Le 22 avril, une demande formelle a été émise par la Sous-direction de la défense civile du GRML pour secourir les victimes des fortes pluies dans 16 districts de la capitale. Étrangement, les documents administratifs montrent que Luis Alvarado, le propriétaire de Lealto EIRL, avait déjà effectué deux importations les 14 et 21 avril, soit avant que le processus formel d’approvisionnement ne commence.
Incohérences dans les procédures
Le 24 avril, trois jours après la demande, la responsable de la logistique du GRML a invité plusieurs fournisseurs à soumettre des offres, y compris Lealto EIRL. Cependant, six heures après, Alvarado avait déjà soumis sa proposition. Ce qui est préoccupant, c’est que les rations étaient déjà arrivées au pays avant même qu’un dossier officiel n’ait été constitué pour la certification budgétaire.
À peine le 27 mai, le GRML a approuvé le budget nécessaire, et la signature du contrat n’a eu lieu que le 6 juin. Ce décalage dans le temps questionne la légitimité du processus d’appel d’offres.
Critiques et défense du contrat
Le rapport de La République suggère que le processus de candidature aurait été une simple formalité, affirmant que les rations avaient été importées parce que le GRML avait déjà assuré à l’entreprise qu’elles seraient achetées. Selon des intervenants, les menus proposés — incluant du pavo enchilado et des tacos Tex-Mex — étaient conformes aux exigences du GRML.
Problèmes de sécurité alimentaire
Les rations, dont certaines possédaient des instructions uniquement en anglais, révèlent des préoccupations quant à la sécurité alimentaire. Mario Casaretto, responsable de la gestion des désastres, a reconnu que les emballages n’ont pas été vérifiés, ce qui pose un risque potentiel de toxicité pour les bénéficiaires.
Réactions du GRML
Malgré les préoccupations soulevées, le GRML a défendu sa décision d’achat, affirmant que les produits importés étaient de haute qualité et avaient une durée de conservation de trois ans. Cependant, la Contraloría a déjà signalé des irrégularités dans les contrats précédents liés à cette entreprise.
Conclusion
Cette affaire met en lumière des questions de transparence et d’intégrité dans les processus d’achat publics à Lima. Alors que des ravages sont causés par des catastrophes naturelles, il est crucial que les ressources soient allouées de manière à assurer l’aide réelle aux victimes, et non à favoriser des opérations douteuses.

