Dans D66, vous avez toujours eu un écart entre la direction et les membres. Le fondateur Hans van Mierlo a parlé de manière convaincante des lacunes démocratiques du système, mais a été incité pendant la campagne par un annonceur. Son successeur, Jan Terlouw, a toujours gardé une image d’enthousiasme de principe, mais a été secondé par l’un des les spin-doctors les plus audacieux de l’histoire de La Haye.

Et les membres de D66 étaient ambigus à ce sujet : ils admiraient la noblesse de ces dirigeants et toléraient l’argumentaire de vente – jusqu’à ce que la critique médiatique devienne folle.

Vous l’avez encore vu ce week-end. De Volkskrant a écrit sur une annexe confidentielle à une enquête sur les comportements transgressifs au sein du parti. Selon Sigrid Kaag, le rapport, qui a été rendu public trois semaines avant les élections de l’année dernière, a montré qu’il n’y a “pas d’environnement structurellement dangereux” en D66. L’annexe confidentielle, partagée avec la victime par l’agence externe Bing le soir des élections (!) indique en effet qu’un employé (senior) du D66 a été victime d’un “comportement transfrontalier” en 2015-16 par le lobbyiste Frans van Drimmelen, éminent parti et à l’époque aussi le découvreur de talents du parti.

Le parti et Bing affirment que Kaag n’a pas vu la pièce jointe confidentielle pour des raisons de confidentialité, mais l’affaire met les membres du D66 en mouvement : des centaines d’entre eux demandent dans un lettre ouverte ouverture et une réunion des membres dans les trois semaines. Détail : parmi eux Eelco Keij de New York, qui y possède le bureau du lobby de Van Drimmelen représente.

Van Drimmelen a été un grand gentleman en D66 pendant de nombreuses années. Il a déjà soutenu Alexander Pechtold lorsqu’il a concouru contre Lousewies van der Laan pour la direction du parti en 2006. Il a recruté Ingrid van Engelshoven, alors présidente du D66, en 2009 en tant qu’associée de son bureau de lobbying. En tant que découvreur de talents, il a plaidé dès 2016 pour que le parti fasse venir Sigrid Kaag, alors diplomate onusienne, à La Haye. Van Engelshoven, aujourd’hui échevin de La Haye, a rendu visite à Kaag au Liban au printemps 2017 pour la persuader. Et même avant que Pechtold ne quitte la politique en 2018, c’était un secret de polichinelle au sein de D66 que Van Drimmelen était après Kaag en tant que nouveau chef du parti.

Quatre ans plus tard, Kaag se retrouve dans sa première tempête D66 : maintenant que le scepticisme initial des médias concernant la participation de D66 à Rutte IV fait surface (nouvelle culture administrative ?), les membres exigent l’ouverture en réponse à la prétendue compétence publicitaire. Il faut que Kaag soit capable d’expliquer de manière totalement crédible qu’elle n’en savait vraiment rien. Sinon, l’histoire du D66 le montre, il ne faudra pas longtemps avant que la coupe ne commence sur ses pieds de chaise. C’est ainsi que fonctionne D66 : les membres tiennent pour acquis que cette hauteur est également réalisée.



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