La tension entre ouverture commerciale et protection industrielle en Argentine
La vision de Martín Lousteau
Dans une récente intervention sur Infobae a la Tarde, l’économiste Martín Lousteau a exploré la tension entre l’ouverture commerciale et la protection industrielle en Argentine. Il a souligné que la stagnation de la productivité en Argentine était en grande partie due à un manque d’exigences envers les secteurs protégés.
Politique économique : un faux dilemme
Lousteau a mis en évidence la polarisation du débat sur l’ouverture et la protection. Selon lui, les défenseurs des deux camps sont souvent aveugles aux nuances de la situation. Il a déclaré : « Il y a une polarisation très grande entre les deux options ». Cette polarisation complique la formulation de politiques équilibrées qui seraient bénéfiques pour l’économie.
Protection transitoire et exigences mesurables
Selon Lousteau, la protection industrielle doit être temporaire et orientée vers l’amélioration des performances. Il a affirmé : « Protéger quelqu’un qui n’est pas le meilleur de sa catégorie est futile. Ouvrir l’économie sans aider paraître les meilleurs est aussi inutile ». Le problème principal, selon lui, réside dans le manque d’exigences. Il a illustré cette idée avec des métaphores sur la carotte et le bâton dans une économie protégée.
Le modèle asiatique : une approche proactive
Lousteau a également plaidé pour un “protectionnisme éducatif”, s’inspirant des approches adoptées par les pays asiatiques. Il propose de choisir les secteurs avec un potentiel et de les soutenir avec un objectif clair : « Si dans cinq ans vous ne faites pas d’exportations, tout va s’effondrer ». Il a souligné que les pays comme la Corée du Sud, le Japon et la Chine n’ont jamais protégé leurs industries sans des critères de performance précis.
L’échec de la protection sans critères
L’économiste a averti contre la falacie de la composition, c’est-à-dire l’idée que le succès d’une entreprise peut être généralisé à l’ensemble du pays. Il a affirmé que la réussite d’une entreprise ne garantit pas nécessairement des bénéfices pour l’économie nationale, en particulier si l’orientation générale est vers l’importation plutôt que la production locale.
Un besoin urgent de politique industrielle
En se référant aux Régimes d’Incentive pour Grandes Investissements (RIGI), Lousteau a critiqué la politique actuelle du gouvernement, qui, selon lui, choisit des « gagnants » sans véritable capacité à générer des connaissances ou des compétences pour le pays. Il a déclaré que ces choix ne favorisent pas le développement économique et créent moins d’emplois.
Conclusion : vers une politique dynamique
Lousteau conclut que l’Argentine ne peut pas espérer croître ou se développer sans une politique industrielle dynamique et claire. « Aujourd’hui, vous n’avez pas de déficit de compte courant, mais l’Argentine n’est pas en croissance. Si la croissance se réactivait, les ressources actuelles ne suffiraient pas pour un développement durable ».
Ce besoin d’une réflexion approfondie sur la politique économique est crucial pour le futur d’une Argentine en quête de dynamisme économique.

