Prévisions de sécheresse : une avancée grâce à l’intelligence artificielle
Ces dernières années, les épisodes de sécheresse se sont intensifiés dans certaines régions, instaurant un climat de crainte face à une éventuelle sécheresse globale. Dans ce contexte, une équipe de chercheurs de l’Université Polytechnique de Valence a mis au point un système capable de prédire la survenue d’une sécheresse avec une avance de six mois.
Un système innovant
Ce projet est le fruit du travail du groupe du Institut d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (IIAMA) aux UPV, dont les résultats ont été publiés dans la revue Earth Systems and Environment. Le système fusionne les prévisions de quatre modèles climatiques de référence : ECMWF-SEAS5, Météo-France System8, DWD-GCF2.1 et CMCC-SPSv3.5, tout en intégrant des techniques d’intelligence artificielle pour une analyse approfondie des données.
Les chercheurs ont ainsi calculé deux des indices de sécheresse les plus utilisés à l’international : l’Indice de Précipitation Standardisé et l’Indice de Précipitation-Evapotranspiration Estandarizado, en utilisant des fenêtres de données de 6, 12, 18 et 24 mois.
Pourquoi cette innovation est cruciale
La force de ce système réside dans sa capacité à combiner différentes méthodes et modèles qui sont généralement traités de manière isolée. En se servant de l’intelligence artificielle pour corriger les biais et adapter les modèles à l’échelle régionale, cette approche améliore de manière significative la fiabilité des prédictions. De plus, l’ensemble de ces outils a été intégré dans une plateforme web opérationnelle, conçue pour faciliter la gestion des ressources en eau au-delà des simples études académiques.
Résultats impressionnants
Les performances du système de prévision sont remarquables. Il atteint un taux de fiabilité de 90% lorsqu’il s’agit de prédire la sécheresse pour le mois en cours. Pour des prévisions à trois mois d’avance, la fiabilité est de 60%. Bien que les pourcentages de fiabilité pour des périodes allant jusqu’à 12, 18 ou 24 mois ne soient pas précisés, les chercheurs affirment que le modèle demeure efficace pour anticiper les sécheresses jusqu’à six mois à l’avance. Selon Héctor Macián, co-auteur de l’étude, “ces résultats montrent que le système est particulièrement efficace pour renforcer les alertes précoces concernant les sécheresses, une démarche essentielle pour anticiper les mesures de gestion et réduire les impacts socio-économiques.”
Pérennité et applications futures
La méthodologie a initialement été testée dans la cuvette du fleuve Júcar, une zone semi-aride souvent sujette à des sécheresses prolongées et intenses. Les chercheurs soulignent que cette méthode peut être transposée à d’autres régions vulnérables à la sécheresse. La possibilité de prévoir ces événements avec une durée de six mois d’avance ouvre des perspectives pour la mise en œuvre de plans de gestion des sécheresses plus efficaces, permettant ainsi d’atténuer les effets néfastes.
Image | UPV

