L’Italie est maintenant en équilibre sur le PNRR. Les parties auront besoin de quelques jours pour se pencher sur les risques énormes que court le pays sur ce front après la démission de Mario Draghi. En particulier, la possibilité de rater les objectifs du Plan National de Relance et de Résilience pour décembre prochain et de perdre non seulement les 46 milliards en jeu d’ici la fin de l’année (24,137 milliards de la tranche liée aux objectifs du 30 juin et 21,839 milliards de l’acompte lié aux objectifs du 31 décembre 2022) mais l’intégralité du Plan de 191,6 milliards.

Ddl Concurrence en danger

Avec le gouvernement démissionnaire, il devient quasiment impossible, en effet, d’approuver certaines réformes au Parlement dans les délais, en premier lieu celle sur la concurrence. A la fin de la législature (et déjà avec la dissolution du Parlement), les projets de loi non approuvés expirent et avec la nouvelle législature – qui entrera en vigueur au plus tôt à la mi-novembre – tout recommence (et la loi de finances devra être fait). La possibilité d’atteindre tous les objectifs de fin d’année du RNR est donc anéantie.

Ce n’est pas un objectif parmi tant d’autres car Bruxelles a déjà fait savoir qu’elle serait intransigeante justement sur les réformes fondamentales de la concurrence et de la justice.

Réforme judiciaire

Réforme de la justice qui se décline en trois réformes portant sur le procès pénal, le procès civil et le contentieux fiscal. Sur les deux premiers, le passage parlementaire a déjà eu lieu, mais les décrets d’application de la délégation doivent être approuvés. Comme, d’ailleurs, il est également fixé pour la concurrence (après l’approbation de la loi).

La tranche des objectifs du 30 juin

Mais allons-y dans l’ordre. Le premier match à jouer avec Bruxelles concerne la tranche de 24,137 millions liée à la réalisation des objectifs du 30 juin. Le gouvernement a transmis tous les dossiers des 45 objectifs fixés à la commission européenne dans les délais prévus et est convaincu que tout est en ordre : c’est d’ailleurs clairement écrit dans le Rapport sur l’état de mise en œuvre du Pnrr élaboré ces derniers jours par le sous-secrétaire à la présidence du Conseil, Roberto Garofoli, et gelé pour la crise gouvernementale. L’examen de la commission européenne sera en tout cas très minutieux, comme ce fut le cas en début d’année, et la délégation italienne devra répondre à des dizaines d’observations sur tous les objectifs. Outre les aspects techniques, qui seront traités par les différents ministères, l’autre pilier qui a maintes fois permis de surmonter les difficultés disparaîtra : la force politique du gouvernement (et de Mario Draghi).



ttn-fr-11