Personne ne parle du Pnrr le jour de la manœuvre budgétaire 2023. Le choix du gouvernement, sur proposition du ministre Raffaele Fitto, serait en fait de contourner la loi de finances et de confier plutôt la ligne du gouvernement sur le Plan à un ou plusieurs probablement deux décret-lois pour le relèvement national et la résilience.
Au cours des deux prochaines semaines, le premier décret-loi
Le premier décret-loi devrait arriver dans les deux prochaines semaines et servir à surmonter les difficultés qui existent encore sur la route pour atteindre les 55 objectifs d’ici fin décembre. Dans le texte, il y aurait quelques accélérations de la réglementation actuelle et quelques légères corrections de cap, sans remettre en cause le système convenu avec Bruxelles par le gouvernement Draghi. La tranche de 21,8 milliards de prêts liés à la réalisation de ces objectifs en dépend.
La deuxième mesure
Le second décret-loi, en revanche, arriverait après le vote de la loi de finances et aurait pour mission de mettre en œuvre la stratégie du gouvernement de reprogrammation globale des fonds européens (Pnrr, reliquats de la programmation 2014-2020 de la politique de cohésion et nouvelle programmation 2020-2027) et du Fonds de Cohésion pour le Développement, en privilégiant les axes stratégiques définis par le gouvernement (essentiellement les centrales énergétiques) et en supprimant les travaux jugés irréalisables. Évidemment, la reprogrammation, convenue avec l’Union européenne, d’une partie substantielle du Pnrr jugée irréalisable à la fois en raison de l’augmentation des coûts et des retards dans la phase d’autorisation et de mise en œuvre serait au premier plan de ce jeu. Le travail d’identification des ouvrages à enlever est en cours, mais il prendra des délais moyens à longs précisément parce qu’il reposera sur une entente complète et exhaustive avec la commission européenne.
La loi de finances devrait plutôt révéler quel niveau de discontinuité le nouveau gouvernement et notamment le ministre des Infrastructures, Matteo Salvini, voudra tracer par rapport à l’exécutif précédent du côté des grands travaux plus généralement des infrastructures de transport.
Zoom sur trois œuvres
L’attention se porte principalement sur trois œuvres. Le premier est le pont sur le détroit que Salvini a déjà déclaré vouloir relancer dans le but d’ouvrir les chantiers dans deux ans : nous avons besoin d’un règlement qui récupère le contrat avec l’ancien entrepreneur général Eurolink et commence à mettre à jour le projet de pont à un envergure. Ce n’est pas une règle facile, même d’un point de vue juridique, et on ne sait pas si elle est déjà prête à entrer dans la loi de finances.

