Michael Meaney : L’Homme qui a été enterré vivant pendant 61 jours
“Je n’ai jamais enterré quelqu’un qui avait déjà été enterré auparavant”. Ces mots proviennent du prêtre qui a officié les funérailles de Michael Meaney, un constructeur irlandais né en 1935 et décédé en 2003. En 1968, alors qu’il avait 33 ans, il a été enterré vivant devant une foule émerveillée dans le quartier de Kilburn à Londres.
Un enterrement volontaire pour la mode
Ce phénomène d’enterrer des gens vivants n’était pas dû à un accident ou à une punition, mais à une véritable mode de l’époque. Les années 60 étaient marquées par des spectacles publics et des défis étranges, bien loin des tendances de divertissement d’aujourd’hui comme TikTok. La communauté participait à des concours, et Michael Meaney souhaitait faire sa propre entrée dans cette tendance.
Le défi de l’enterrement
Né à Tipperary, en Irlande, Meaney était connu pour sa force impressionnante. Après une carrière prometteuse dans la boxe interrompue par une blessure, il imagine un défi audacieux : s’enterrer vivant. Le 21 février 1968, il organise un dîner au pub The Admiral Lord Nelson, où il invite la presse et ses amis. Sa femme, enceinte, n’est mise au courant qu’en entendant l’annonce à la radio.
Le cercueil mesurait 1,90 mètre de long, 76 centimètres de large et 61 centimètres de haut. Il était équipé d’un tuyau permettant de passer de la nourriture et des boissons, et même un petit pot pour ses besoins. Meaney prévoyait de rester sous terre pendant 100 jours, rivalisant avec Bill White, également enterré vivant à ce moment-là au Texas.
Une expérience extrême
Les routines quotidiennes sous terre
Enterré à environ trois mètres de profondeur, Meaney a réussi à établir une routine. Il a effectué des exercices, comme des pompes, et a lu avec une petite lumière qu’il avait apportée. Malgré l’étrangeté de sa situation, il a gardé son crucifix à portée de main, utilisant ce temps pour se concentrer et pratiquer la méditation.
Une inquiétude grandissante
Au-dessus de terre, la situation a commencé à susciter des inquiétudes. Un camion a même comprimé la terre fraîchement remaniée, menaçant la sécurité de Meaney, ce qui a conduit à une discussion parlementaire sur la nécessité de le sortir de là. Cependant, ceux qui l’entouraient ont décidé de ne pas intervenir pour l’instant.
Retour à la surface
Finalement, après 61 jours passés dans son cercueil, ses amis ont décidé de le sortir de terre. Une procession a été organisée, et lorsque la lettre de son cercueil a été ouverte, un Meaney affaibli mais souriant a avoué qu’il se sentait bien, se plaignant seulement de l’absence de conversation.
La quête de la gloire et les conséquences
Malgré ses efforts pour atteindre la gloire, Michael Meaney n’a pas reçu la reconnaissance qu’il espérait. Personne n’a contacté les responsables des records Guinness, laissant son exploit sans validation officielle. De plus, sa quête de célébrité ne lui a pas rapporté d’argent, et il s’est retrouvé sans ressources après sa sortie.
Un héritage controversé
Cependant, son histoire a fait de lui un héros local, illustrant les dangers que représente ce genre d’événements pour la santé. En 1991, Guinness a d’ailleurs décidé d’arrêter de reconnaître ces défis en raison de leur risque potentiel pour la sécurité.
Aujourd’hui, bien que les modes aient évolué, certains défis contemporains rappellent ce type de performances extrêmes, et des simulations d’être enterré vivant continuent d’exister pour ceux qui cherchent à vivre cette expérience extrême.

