Il n’y a pas que l’Afrique, avec le “Plan Mattei” visant à faire de l’Italie le hub énergétique de l’Europe. Et les priorités de politique étrangère du gouvernement Meloni ne sont pas seulement la stabilisation des pays du Sahel et de la Libye afin de contenir les flux migratoires. Dans le cadre d’un agenda chargé, qui verra le Premier ministre se rendre à Stockholm, Berlin et Bruxelles dans les prochains jours, un autre dossier se dessine, et ne démarre pas aujourd’hui : celui des Balkans occidentaux (on parle de l’Albanie, de la Bosnie- Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro et Serbie), une opportunité de croissance économique mais pas seulement. Du point de vue des flux migratoires, stabiliser la zone signifie contenir les arrivées de la route des Balkans.
Depuis de nombreuses années, l’Italie participe avec ses contingents militaires à l’effort international de maintien de la paix et de stabilisation, a des intérêts économiques importants dans la région (le pays est le deuxième partenaire commercial des États de la région, le premier pour les investissements directs, avec une exportation de plus de 6 milliards d’euros et avec des milliers d’entreprises italiennes opérant dans la région).
La visite à Belgrade et Pristina de Tajani et Crosetto
Fin novembre, à la veille de l’accord entre la Serbie et le Kosovo sur la question des plaques d’immatriculation des voitures qui a évité, selon les mots du haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère Josep Borrell, “une nouvelle escalade”, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani et le chef de la Défense Guido Crosetto ont rencontré, à Belgrade et à Pristina, les présidents de la République et les Premiers ministres de Serbie et du Kosovo, ainsi que les ministres des Affaires étrangères et de la Défense. A cette occasion, Tajani a rappelé les “milliers de soldats italiens à la frontière, entre l’armée et les carabiniers, qui garantissent la stabilité et la paix et qui sont appréciés” des deux côtés. L’objectif était de soutenir et de renforcer la tentative promue par l’Union européenne de médiation entre les deux parties, afin d’éviter un affrontement entre les deux pays qui aurait déstabilisé toute la zone (et au-delà). Une fois de plus l’Italie, cette fois sous la direction de l’exécutif actuel, a exprimé son intérêt à garantir la stabilité des Balkans. Un objectif qu’elle entend poursuivre en soutenant l’intégration dans l’équipe des pays de l’UE des États de la partie occidentale de la région.
Meloni, l’expansion vers les Balkans doit devenir une priorité pour l’UE
Une ligne réitérée par le premier ministre ces dernières heures. « Il est urgent que l’Union européenne développe une nouvelle vision vers » les Balkans occidentaux, a souligné Meloni dans son discours vidéo à l’ouverture de la conférence sur les Balkans occidentaux à Trieste, et « place l’élargissement » à la Région « parmi ses priorités “.
Tajani annonce une réunion des ministres des Affaires étrangères de la région à Rome
le message a été réitéré par Tajani: “Aujourd’hui – a-t-il expliqué – doit servir à rassembler toutes les forces italiennes des différents secteurs, entrepreneuriales et politiques, également avec la bénédiction de l’UE, pour lancer une présence toujours plus forte de notre pays dans une région qui doit également faire partie du marché européen. Nous sommes pour une accélération» des processus d’adhésion des pays des Balkans occidentaux. La stabilisation de la région est essentielle “également parce que les flux migratoires en provenance de Turquie passent également par les Balkans et il est important d’éviter l’immigration clandestine”, a ajouté Tajani. Et l’annonce, toujours par le chef de la Farnesina, d’une prochaine réunion à Rome des ministres des Affaires étrangères de la région démontre que l’Italie est candidate pour jouer un rôle de premier plan dans ce match. Rome a de bonnes relations avec la Serbie, mais celle avec le Kosovo et l’Albanie. L’Italie est perçue par les acteurs de la zone équidistante.

