Opérations militaires en Guaviare : un tragique bilan
Le département de Guaviare en Colombie a récemment été le théâtre d’une opération militaire majeure contre les dissidences armées appelées EMC (État Major Central), dirigées par Néstor Gregorio Vera Fernández, alias « Iván Mordisco ». Ce conflit a coûté la vie à 25 personnes, parmi lesquelles six étaient des mineurs, selon un communiqué de la Défense du Peuple, publié le 15 novembre.
Recrutement forcé des mineurs
Les six victimes jeunes étaient toutes des enfants qui avaient été victimes de recrutement forcé. Les forces militaires ont également trouvé quatre corps supplémentaires qui restent non identifiés. Selon Iris Marín, la défenseur de la nation, cette tragédie souligne la réalité sombre du recrutement militaire des enfants dans les groupes armés, une pratique que le droit international interdit strictement.
Respect du droit international humanitaire
Le Droit International Humanitaire (DIH) stipule clairement des limites dans les opérations militaires, même lorsque des enfants sont forcés de combattre. Marín a rappelé que la simple présence d’enfants dans des camps de groupes armés ne justifie pas une attaque. Les forces militaires doivent déployer tous les efforts possibles pour protéger ces mineurs, qui bénéficient d’une protection renforcée, soutenue par les principes d’humanité et de nécessité militaire.
Un jugement clé de la Cour Pénale Internationale concernant le cas de Bosco Ntaganda souligne que provoquer des pertes humaines non nécessaires, même lors d’opérations militaires légitimes, est prohibé.
Réflexion sur l’approche militaire
La défenseure a aussi soulevé la question de savoir s’il aurait existé des modes d’engagement militaire moins destructeurs dans ce cas précis. Cela rappelle l’importance de l’évaluation des actions militaires afin de minimiser les conséquences sur les civils, surtout les enfants.
Le recrutement forcé de mineurs est un acte lourd de conséquences, jugé comme une infraction grave par le DIH et prohibé par la législation colombienne et le droit international. La Colombie a intégré des normes telles que celles du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant et du Statut de Rome pour offrir une protection spéciale aux mineurs en conflits armés.
Responsabilité des groupes armés
Dans son communiqué, la Défense du Peuple a attribué la responsabilité première des décès d’enfants aux groupes armés qui procèdent à leur recrutement, en affirmant que le recrutement d’enfants de moins de 18 ans est un crime de guerre selon les traités internationaux.
Nécessité de protéger les civils
Il a été rapporté que les dissidences ont commis de nombreuses violations du DIH dans la région au cours de l’année 2025. À cet égard, la Défense du Peuple recommande aux autorités de sécurité d’intensifier les actions de protection envers la population civile tout en respectant les limites légales dans l’usage de la force.
La déclaration met aussi en exergue que l’utilisation de mineurs comme boucliers humains est une pratique condamnée. Les groupes armés sont tenus de ne pas impliquer les enfants dans les hostilités ou de les exposer à des risques.
Conclusion : un appel à la paix
La Défense du Peuple souligne qu’il n’est pas adéquat de réduire l’analyse de cette situation à un débat technique sur le DIH, car elle met en lumière l’impact dévastateur de la guerre sur les enfants et la dégradation des principes de dignité humaine. En conclusion, l’institution réaffirme que son rôle n’est pas de valider des actions militaires, mais de condamner la violence et de promouvoir la paix.

