J’ai utilisé Opera Neon pendant une semaine, et je ne sais pas si je découvre l’avenir de la navigation web ou si je participe à une expérience psychologique sur le niveau de friction qu’un humain peut tolérer avant de revenir à son navigateur habituel. Probablement les deux.
Fonctionnalités et promesses d’Opera Neon
Neon propose des fonctionnalités familières pour les utilisateurs vétérans d’Opera : intégrations latérales de messagerie, applications de musique en streaming, panneau multimédia… Il rappelle que, malgré toute cette expérimentation, il y a toujours une base pratique, confortable et conçue pour ceux qui jonglent avec plusieurs plateformes.
Une IA agentique
La promesse est séduisante : un navigateur qui ne se contente pas de répondre à vos questions, mais qui agit pour vous. Il navigue, compare, réserve, crée. Opera nomme cela “IA agentique”. Neon peut ouvrir des onglets, remplir des formulaires et comparer des produits. Cela ressemble à une IA qui a des mains, mettant Opera sur le même terrain que Perplexity avec Comet ou OpenAI avec ChatGPT Atlas.
Cependant, ces “mains” se révèlent parfois maladroites, imprévisibles et dangereusement confiantes.
Trois cerveaux dans un même corps
Pour comprendre Neon, il faut admettre que ce n’est pas un navigateur avec une seule IA, mais bien trois IAs coexistant : Chat, Do et Make. Chacune avec sa propre fonction et sa personnalité. Cela pose le premier grand problème : savoir quand utiliser chacune devient un véritable exercice de devinette.
- Chat est le plus familier. C’est un chatbot conversationnel qui répond à des questions et résume des pages. Il fonctionne bien, mais il >= fait souvent preuve d’inventivité à 70% du temps, en indiquant des données inexactes.
- Do est à la fois magique et terrifiant. Il peut effectuer de nombreuses tâches, mais il est souvent lent et erratique. Par exemple, en essayant de remplir un formulaire, il a introduit un code postal erroné, laissant l’utilisateur impuissant à corriger le tir.
Des exemples d’utilisation
Pour illustrer les capacités de Do, il a tenté d’ouvrir Google Shopping, de rechercher un produit, mais s’est retrouvé coincé, ne pouvant pas cliquer sur “Recherche”. Cela soulève une question sur l’efficacité relative, surtout pour ceux déjà familiers avec les plateformes.
De plus, en essayant d’ajouter des ingrédients de recettes à un panier en ligne, Neon n’a pas réussi non plus à compléter la tâche, prouvant ses limites dans des scénarios simples.
Aperçu des fonctionnalités de Make
Make est l’IA la plus ambitieuse, capable de générer du code et de construire des applications web. Bien que brute, elle fonctionne et offre une idée brillante d’avoir un mini-développeur dans votre navigateur.
Ce qui n’est pas dit sur Opera Neon
Opera Neon n’est pas seulement un produit ; c’est un terrain d’expérimentation vendu comme un service premium, coûtant 20 dollars par mois. Les bugs et les erreurs ne sont pas occasionnels, mais fréquents, ce qui soulève des doutes sur son efficacité.
La valeur de 20 dollars par mois
Ce tarif est questionnable. Pour un power user, Neon peut avoir sens avec ses fonctionnalités avancées. En revanche, pour l’utilisateur moyen, de nombreux navigateurs gratuits sont aussi efficaces, y compris celui déjà utilisé.
Le verdict provisoire
Opera Neon est fascinant, frustrant et prématuré. Il représente un avenir en gestation, que ce soit dans ses échecs ou ses aspirations. Il ne peut être recommandé qu’aux enthousiastes ou aux early adopters. Bien que cela demande une attention particulière, son concept de changer la façon de naviguer mérite d’être suivi, même si ce n’est pas encore le bon moment.

