J’ai vu des images du Premier ministre Dick Schoof faisant une tournée avec le maire Van Zanen et un groupe de pompiers autour de la clôture Heras avec laquelle le cratère de La Haye a été bouclé. Plus de 24 heures après l’explosion, on ne savait toujours pas exactement ce qui s’était passé dans ce complexe d’appartements de Tarwekamp, et s’il y aurait encore des gens sous les décombres. Le but de sa présence était d’être présent et il l’a fait correctement. Bien sûr, certains ont critiqué le fait qu’il aurait dû arriver samedi, le jour de la catastrophe, mais une fois l’incendie éteint, peu importe quand on regarde les décombres qui couvent.
Dick Schoof se transforme de plus en plus en une version polder de Forrest Gump. Il doit s’agir d’une étrange ligne de fracture dans sa vie : d’un instant à l’autre, il est par défaut présent au lendemain des grands événements. Il est alors aussi surpris que tout le monde, mais sa réaction est filmée. La tête à moitié cachée dans le manteau, il a découvert dimanche qu’une catastrophe s’était produite.
Il n’a pas posé de questions (bêtes), il a juste observé et il s’améliore ensuite dans ses observations, d’ailleurs il est devenu reporter. Il voit ce que tout le monde voit et aime laisser son avis aux spécialistes de son cabinet.
En Syrie, le régime du dictateur Bachar al-Assad est finalement tombé à peu près au même moment. J’imaginais Dick Schoof, à peine rentré chez lui, et déjà en train de fouiller dans le sac de mots qu’il porte désormais en standard à sa ceinture. Oui, que pensait-il de près de quinze ans de guerre ?
“Triste?”
“Optimiste?”
“Honteux?”
Et puis scrutant la soirée sur son smartphone, vérifiant s’ils ont déjà découvert ce qu’ils trouvent dans son armoire. La question clé sera encore une fois de savoir si les Syriens pourront revenir ici plus rapidement. Nous sympathisons, mais nous préférons ramener tout le monde pour leur souhaiter à distance une bonne démocratie. Dick Schoof peut le faire. Et à la fin de la semaine prochaine, ils l’emmèneront dans une succursale Blokker pour constater que ces magasins ferment définitivement définitivement.
Marcel van Roosmalen écrit une chronique les lundis et jeudis.

