Comprendre le syndrome des ovaires polykystiques (SOP)

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOP) touche environ 13 % des femmes en âge de procréer. Cependant, jusqu’à 70 % des cas restent non diagnostiqués. Beaucoup de femmes découvrent leur condition uniquement lorsqu’elles rencontrent des difficultés à concevoir, et certaines ne reçoivent jamais de diagnostic. Cela soulève des préoccupations sur le sous-diagnostic de maladies touchant uniquement les femmes, témoignant d’un besoin urgent d’une meilleure sensibilisation et compréhension de ces conditions.

Un changement de nom proposé : vers le syndrome métabolique poliendocrinien des ovaires (SOM)

Récemment, une équipe internationale de scientifiques a investigué les raisons possibles du sous-diagnostic du SOP et a proposé une solution innovante : changer le nom de la maladie. Le nouveau terme, syndrome métabolique poliendocrinien des ovaires (SOM), met l’accent sur les facteurs communs aux patientes, notamment les déséquilibres hormonaux qui impactent non seulement les ovaires, mais aussi le métabolisme.

Les causes hormonales du syndrome

Le SOP est principalement caractérisé par une synthèse excessive d’androgènes, souvent appelés hormones masculines. Bien que ces hormones soient également produites par les ovaires, leurs niveaux sont normalement bien plus bas chez les femmes. Une élévation des androgènes perturbe l’ovulation et d’autres hormones essentielles, créant un cycle vicieux de déséquilibres hormonaux.

Les implications des déséquilibres hormonaux

Les dysfonctionnements hormonaux entraînent des anomalies dans les niveaux de LH et de FSH. La LH, par exemple, peut augmenter, stimulant encore plus la production d’androgènes. Ce déséquilibre peut contribuer à divers symptômes et affecter la capacité de la femme à concevoir.

Symptômes du SOP

Les symptômes comprennent un cycle menstruel irrégulier ou absent, une anovulation, l’hirsutisme (croissance excessive du poil), de l’acné, et même la perte de cheveux et la présence de kystes ovariens. Il est crucial de ne pas confondre le SOP avec la seule présence d’ovaires polykystiques, qui peut être observée sur une échographie sans forcément indiquer la maladie.

Une approche systémique du SOP

En outre, le SOP souvent associé à une résistance à l’insuline, est classifié comme un syndrome métabolique, avec des implications potentielles pour d’autres conditions, comme le diabète de type 2 ou l’obésité.

Critères de diagnostic

Pour diagnostiquer le SOP, deux des trois critères suivants doivent être présents : excès d’androgènes, irrégularité menstruelle ou présence d’ovaires polykystiques. Cependant, il est estimé que 30 % des personnes atteintes de SOP ne présentent pas de kystes, ce qui souligne l’importance de ne pas se limiter au terme « polykystique » dans le diagnostic.

Un avis à considérer

La proposition de renommer le SOP en SOM n’est pas définitive, mais elle mérite l’attention d’autorités sanitaires et de chercheurs. Au Royaume-Uni, le NHS a déjà indiqué qu’il examinerait cette suggestion sérieusement. Ce changement pourrait ouvrir la voie à une meilleure prise en charge et à une reconnaissance des souffrances des femmes affectées.



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