Yoweri Museveni jure son septième mandat à 81 ans
Élection et victoire contestée
Le président ougandais Yoweri Museveni, qui est au pouvoir depuis 1986, a prêté serment en tant que président pour la septième fois, à l’âge de 81 ans. Cette cérémonie a eu lieu le 12 mai 2021 à Kampala, la capitale, après sa victoire aux élections du 15 janvier, une élection que l’opposition a qualifiée de frauduleuse. Malgré les accusations de manipulation électorale, Museveni a remporté 71,65 % des voix, tandis que son principal rival, le musicien et homme politique Bobi Wine, a obtenu 24,72 %.
Une cérémonie militaire impressionnante
La cérémonie d’investiture s’est déroulée dans un grand cadre cérémoniel à Kololo, accompagnée d’un défilé militaire dirigé par le fils de Museveni, le général Muhoozi Kainerugaba. Ce moment marquant a été salué par une salva de 21 coups de canon, symbolisant l’entrée officielle de Museveni pour un nouveau mandat. Le président a promis de respecter et de protéger la Constitution ougandaise, affirmant son engagement envers le peuple.
Absence de la première dame
Un fait marquant lors de cette cérémonie a été l’absence notable de la première dame, Janet Kataaha Museveni, âgée de 77 ans, qui est généralement présente lors de ces événements. Sa non-participation a soulevé des questions sur la dynamique familiale et politique au sein du pouvoir ougandais.
Réactions internationales
La cérémonie a également vu la présence de plusieurs dirigeants africains, soulignant l’importance de Museveni sur le continent. Parmi les chefs d’État présents figuraient Samia Suluhu Hassan de Tanzanie, Salva Kiir du Sud-Soudan et Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo. Cette représentation internationale témoigne de l’influence persistante de Museveni en Afrique de l’Est et au-delà.
Contexte de tension politique
L’élection de janvier, marquée par des retards techniques et un blocage temporaire d’Internet, a été l’une des plus tendues de l’histoire récente de l’Ouganda. Le gouvernement a été accusé d’avoir mis en œuvre une répression sévère contre l’opposition, avec des arrestations massives, dont environ 550 personnes selon l’ONU. Bobi Wine, dont le vrai nom est Robert Kyagulanyi Ssentamu, a fui le pays après l’élection, évoquant des craintes pour sa sécurité.
Changements constitutionnels
Museveni est arrivé au pouvoir après avoir renversé Tito Okello en 1986, mettant ainsi fin à des décennies d’instabilité politique. Il a modifié la Constitution à deux reprises pour lever les restrictions d’âge et de mandat, lui permettant de se représenter face à une opposition croissante et déterminée. Sa longévité au pouvoir, bien qu’appréciée par certains, continue d’éveiller des préoccupations quant à la démocratie et à l’État de droit en Ouganda.
Conclusion
Yoweri Museveni, l’un des dirigeants les plus anciens d’Afrique, a prêté serment pour un septième mandat, entouré d’un contexte politique tumultueux et contesté. Son engagement à maintenir le pouvoir sera scruté attentivement, tant au niveau national qu’international, alors que l’Ouganda continue de naviguer entre progrès et défis démocratiques.
