La santé en danger dans l’Est de la RDC
La République Démocratique du Congo (RDC) traverse une grave crise sanitaire, en particulier dans l’Est du pays. Médicos Sin Fronteras (MSF) a récemment tiré la sonnette d’alarme, signalant que les structures de santé sont désormais “au bord du collapse”. Cette situation résulte d’un mélange de conflits armés, de réduction des fonds internationaux et du retrait progressif des organisations humanitaires.
Une crise financière alarmante
La situation s’est détériorée de manière significative suite à la suspension de la financement du Programme Multisectoriel de Nutrition et de Santé (PMNS) par la Banque Mondiale. Plus de 500 centres de santé dans la province du Kivu du Sud en sont directement affectés, mettant en danger les vies de nombreuses femmes enceintes et nouveau-nés. Les programmes de lutte contre des maladies telles que le VIH, la malaria, et la tuberculose sont désormais en péril en raison de limitations logistiques et de sécurité.
Le coût des soins de santé
Dans cette région, le coût des soins de santé a augmenté de manière exorbitante. À Minova, un hôpital stratégique touché par le conflit, des frais allant jusqu’à 100 dollars (environ 84 euros) sont exigés pour une césarienne, et 50 dollars pour le soin d’un nouveau-né. Beaucoup de femmes se retrouvent hospitalisées sans pouvoir s’acquitter des frais, tandis que d’autres optent pour des accouchements à risque chez elles, présentant une menace directe pour leur vie et celle de leurs enfants.
L’augmentation de la pression sur les hôpitaux
Les hôpitaux encore ouverts, comme celui de Numbi, font face à une surpopulation extrême, avec un taux d’occupation en maternité dépassant 217 % en début 2026. Les femmes contraintes de parcourir des kilomètres pour obtenir des soins gratuits ressentent un poids insupportable alors que les ressources sont de plus en plus rares.
Réponse des organisations humanitaires
Face à cette crise, MSF affirme avoir renforcé son soutien à l’Hôpital Général de Référence de Minova, relançant des activités essentielles de maternité et néonatologie. Toutefois, le coordinateur général de MSF au Kivu du Sud, Issa Moussa, met en garde : “Sans un relais opérationnel et un financement rapide, les services essentiels de santé sont en danger d’effondrement, ce qui pourrait entraîner une hausse des taux de mortalité maternelle et infantile.”
Appel à l’action
MSF exhorte les donateurs à reconsidérer leur retrait du Kivu du Sud et appelle les acteurs du conflit à garantir un accès humanitaire sécurisé. Cette région est également confrontée à des épidémies croissantes de maladies comme le sarampion, le choléra et mpox, ainsi qu’à des niveaux alarmants de violence sexuelle.
Un conflit ancien qui perdure
Le conflit armé dans l’Est de la RDC est ancré dans l’histoire, exacerbé par le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda. En janvier 2025, le M23 a pris le contrôle de Goma, la capitale du Kivu du Nord, et a ensuite enlevé Bukavu, signalant une escalade de la violence. Malgré la présence de la mission de paix de l’ONU (Monusco), les commissions pour la paix semblent insuffisantes.
Conclusion
La situation sanitaire dans l’Est de la RDC est critique et nécessite une attention d’urgence. Les défis humanitaires croissants, couplés à un conflit de longue date, exigent des actions rapides et surtout, un soutien financier international pour éviter une catastrophe humanitaire imminente.
