Nous renouvelons -pour la quatrième fois cette année- la playlist Fleurs dans la bouse, dans lequel nous nous concentrons à nouveau sur des singles et des albums qui n’ont peut-être pas eu la chance qu’ils méritaient. Espérons que nous sommes à temps pour les aider à l’avoir. Ainsi, on se souvient que des albums de classiques du rock indie tels que Death Cab For Cutie ou Built to Spill ont vu le jour ces derniers mois aux côtés d’héritiers de cette époque comme Alvvays ou les Australiens The Beths. Aussi des artistes vétérans et éclectiques tels que Benjamin Biolay, Julieta Venegas, Dominique A, Bananarama (!), Damien Jurado, Lissie, Alela Diane ou The Mars Volta ont sorti des disques en même temps que des noms moins expérimentés mais tout aussi intéressants que First Aid. Kit, Ari Lennox, MorMor, Whitney, Daniele Luppi & Greg Gonzalez (Cigarettes After Sex), Gwenno (une Pipette qui, curieusement, coïncide dans notre sélection avec son ex-compagne Rose Ellinor Dougall, dans son cas aux côtés de Blur Grahan Coxon dans The WAEVE ), Joey Bada$$, Juliette Armanet, George FitzGerald, Ashe, The Big Moon, Cuco, Sports Team ou FLO.
Bien sûr, la scène hispanophone a un poids important à Flores en el Estiércol, avec de nouvelles œuvres de Betacam, Nacho Casado, Margarita Quebrada, Carlota Flâneur, Paco Moreno et Alavedra, assaisonnées de singles de Lagartija Nick, Josep Xortó & The Congosund (sponsorisé et produit par Hidrogenesse), Morreo & Adiós Amores, Gepe, Orquesta, Jordana B., Ortopedia Técnica et navxja, entre autres.
D’autres sont dirigés par ‘What Now’, le single le plus récent d’un duo suédois appelé Mon chéri. (oui, avec le point) qui éblouit dans son approche éhontée de ses compatriotes ABBA, juste dans l’année où les légendes sont revenues si dignement avec ‘Voyage’. Car, outre le fait que le nom même du projet musical de Miranda Öhman et Magda Skyllbäck (amies depuis qu’elles se sont rencontrées pendant leurs études à Londres il y a des années) fait référence à l’un des plus grands tubes d’Agnetha, Björn, Benny et Anni-Frid, Il est évident que dans ce seul single qu’ils ont sorti, ils abordent le côté plus soft-disco et dansant du quatuor, avec une ligne de basse musclée et une batterie puissante, mais mettant surtout l’accent sur une mélodie vocale éblouissante, qui captive immédiatement. Sans oublier les refrains façon ‘The Winner Takes It All’ qui parsèment la fin de plusieurs couplets et chuchotent « Eurovision » à l’oreille. Oui, même sa couverture et la typographie utilisée semblent être un hommage évident !
C’est pourquoi, quand dans leur biographie, ils parlent de leur pop classique inspirée par l’essence des années 70, cela semble presque un euphémisme, bien qu’une écoute de leur premier EP “sweet like” soit proche, avec des chansons aussi cool que “Give Me Love”. ‘ , ‘When Harry Met Sally’ ou ‘Do It All Again’, suffisent à cette définition, également influencés par leurs compatriotes mais aussi par Carole King, Electric Light Orchestra ou Billy Joel. La meilleure chose est que tous, même s’ils pâlissent actuellement devant leur dernière sortie, prouvent que nous sommes peut-être confrontés à un projet qui pourrait pousser sa nostalgie très loin de la meilleure façon possible, un peu comme le font The Lemon Twigs, mais avec une touche beaucoup plus européenne.

