Dans une nouvelle affaire de “fake news” qui s’est propagée comme une traînée de poudre à travers le réseau, un canular s’est répandu ces jours-ci selon lequel le variole du singe C’est une maladie sexuellement transmissible qui touche principalement les hommes homosexuels. Le ministre de la Santé a nié une telle chose et a confirmé que la variole du singe est une maladie qui se transmet des animaux aux humains. Une fois de plus, la désinformation a de nouveau fait son effet.

Qu’est-ce que Moderat a à dire à tout cela ? Le trio berlinois composé de Sascha Ring (Apparat) et de Gernot Bronsert et Sebastian Szary (Modeseletkor) a intitulé son album ‘MORE D4TA’, qui est aussi un anagramme de ‘MODERAT 4’, car ils considèrent que la surcharge d’informations dont nous souffrons aujourd’hui in day est responsable de la diffusion de fausses nouvelles qui nous nuisent à tous. Il n’est pas sans raison, même si ce n’est pas qu’il révèle quoi que ce soit à qui que ce soit. La même chose arrive au disque.

‘MORE DAT4’ est un album qui est né dans le contexte de la pandémie, de l’isolement social et de la surcharge d’informations, mais son but n’est pas politique ou social mais plutôt d’évasion. Sascha Ring lui-même dit qu’il considère son travail chez Moderat comme une opportunité de s’évader du monde qui nous entoure, et ‘MORE DAT4’ ne nous confronte pas à cette réalité mais nous permet de la fuir pendant quelques minutes.

Cette évasion prend diverses formes dans ‘MORE DAT4’. Moderat a adopté à la fois la composition modulaire et les enregistrements sur le terrain et, sur son quatrième album, livre une série de productions électroniques aussi complexes dans la forme et la structure qu’émotionnelles dans le fond. Les ‘DRUM GLOW’ tribaux et paradisiaques et les rave ‘NEON RATS’ sont particulièrement réussis. D’autres, comme ‘NUMB BELL’, ne vont pas au-delà d’un exercice de style.

Le désir d’évasion de Moderat atteint un point où, sur ‘MORE D4TA’, le son sombre et tendu de cette techno berlinoise qu’ils savent tant manipuler à volonté se détend dans certaines des compositions les plus pop de leur carrière, comme le émotionnel ‘EASY PREY’ et ‘MORE LOVE’. A tel point que les plus discrets ‘UNDO REDO’ et ‘DOOM HYPE’ suggèrent un album de Depeche Mode produit par les Allemands.

Même si les nouvelles chansons de Moderat sont encore capables de nous faire vibrer et rêver, il manque quelque chose à ‘MORE D4TA’. Le single ‘FAST LAND’ est suggestif avec ses synthés gonflés, mais il n’est pas historique dans le répertoire de Moderat. Et le sentiment se répète tout au long de ‘MORE D4TA’ : Moderat a fait un album qui leur ressemble, mais dans lequel un certain manque d’ambition se perçoit dans les mélodies et les productions. Même avec ses attraits, ‘MORE D4TA’ n’est ni un grand album pop ni un grand album électronique. Quelque part au milieu, Moderat est revenu six ans plus tard sans vouloir faire trop de bruit.



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