L’entraîneur, sans le dialogue de la veille, aurait à nouveau empêché Hernández d’entrer. Puis la précision : l’un veut jouer, l’autre veut trouver un champion. Le report de la Roma et de la Super Coupe est fondamental pour les deux




par notre correspondant Luca Bianchin

29 décembre – 00h07 – MILANELLO (VARESE)

Les hommes, lorsqu’ils sentent que leur sort est en jeu, prennent souvent les décisions les plus sages. Paulo Fonseca et Theo Hernández étaient jusqu’à il y a 24 heures deux îles : ils se regardaient de loin, sans contact. Fonseca agacé – disons même furieux, si vous aimez le piment – de l’attitude de son latéral. Théo n’est pas enthousiasmé par les bancs d’été (Saelemaekers titulaire à sa place) et ceux d’hiver (contre Gênes et Vérone). Puis quelque chose s’est produit. Hier, en marge du dernier entraînement avant Milan-Roma, Fonseca et Hernandez se sont parlé. Un discours complet et sérieux, dans lequel ils ont parlé d’entraînement, de matchs, d’attitudes. Eux seuls connaissent les mots exacts, mais le sens est clair : Theo veut rejouer, Fonseca a demandé à donner plus parce qu’il veut revoir l’arrière dévastateur du passé. Ce n’est pas la première conversation de la saison, elle pourrait devenir la plus importante : les deux se sont retrouvés sur la même longueur d’onde et Théo sera titulaire ce soir contre la Roma.

Comment nous y sommes arrivés

L’épilogue n’était pas évident car Fonseca, sans ce discours, aurait quand même tenu à l’écart Hernández. Une question de cohérence avec le passé et la gestion du groupe : des lois égales pour tous. Cependant, quelque chose a changé ces derniers jours. Théo s’est retrouvé sur le banc le 20 décembre à Vérone et, lors de son entrée, il a mal joué, mais vraiment mal. Fonseca n’a pas attaqué comme après Milan-Stella Rossa, lorsque Théo était le véritable destinataire de la colère des journalistes et lui a demandé de s’entraîner le 23 décembre, son jour de congé. Théo est allé à Milanello et c’était un premier signe. L’entraînement d’hier, bon pour lui et pour toute l’équipe, a fait le reste.

Doit gagner

Fonseca et Théo joueront leur avenir ensemble, et c’est très sage. Pour Hernández, c’est à la fois une question de réputation : comment l’un des trois meilleurs latéraux du monde peut-il se retrouver sur le banc ? – et du futur, avec le marché éternellement à l’horizon. Pour Fonseca, il s’agit de conserver un banc qui semble toujours sur le point de s’effondrer. A une semaine de la Super Coupe qui décernera le premier trophée, mieux vaut ramer tous dans le même sens, et ramer fort. En effet, Milan et Roma sont à court de bonus. Milan est huitième, la Roma dixième. Fonseca est à 5 points de la cinquième place, dernier espoir de la Ligue des Champions, Ranieri à 7 points plus loin. Tout le monde court après sa conception de l’Europe mais tout le monde doit gagner pour profiter d’une journée qui propose des affrontements directs entre rivaux : la Lazio contre l’Atalanta hier, la Fiorentina contre la Juventus aujourd’hui.

Pulisic non, Bennacer oui

Milan, bien entendu, sera aussi expérimental que nécessaire. Milieu de terrain de Terracciano avec Fofana. Milieu offensif de Reijnders. Jimenez dehors. Tammy Abraham ira sur le banc, ce qui ne convainc évidemment pas Fonseca. Dans tout cela, une bonne et une mauvaise nouvelle. Le mauvais : Christian Pulisic ira en tribunes. “Un problème à la cheville est apparu, il n’est pas prêt à jouer”, a déclaré Fonseca. Le bon : Ismael Bennacer peut jouer. Fonseca a été clair : il entrera en seconde période. Il y a de quoi rester au garde-à-vous : Fonseca retrouve la Roma, San Siro reconnaît El Shaarawy, Theo revoit Saelemaekers sur l’aile, qui jouait à sa place lors de la première journée. Les fantômes du passé, tous invoqués.







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