Le Plan de Sécurité de Miguel Uribe : Une Réponse à la Violence en Colombie
L’assassinat de son fils a marqué un tournant décisif dans la vie politique de Miguel Uribe, le candidat présidentiel du Centro Democrático. En choisissant Cali comme plateforme pour présenter son plan de sécurité, Uribe a voulu mettre en lumière la situation inquiétante dans le Valle del Cauca. Son expérience personnelle tragique lui a servi de moteur, le poussant à élaborer des propositions ciblées pour combattre le narcotrafic et la criminalité dans une région qui représente l’un des principaux foyers de violence en Colombie à l’approche des élections présidentielles de 2026.
La motivation derrière le plan de sécurité de Uribe se fonde sur un profond besoin de changement. Son fils, Miguel Uribe Turbay, a été tué par balle lors d’un événement à Modelia, un quartier de Bogotá. Cette tragédie a amené Uribe à assumer ce qu’il définit comme un “devoir moral”. “Mon engagement est que ce pays ne se laisse plus jamais à genoux devant la violence”, a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de rétablir la paix et la sécurité en Colombie.

Au cours de son allocution à Cali, Uribe a décrit le Valle del Cauca comme le centre névralgique de l’expansion criminelle, marqué par le narcotrafic, l’extorsion et la présence de groupes armés. Il a également accusé le gouvernement de Gustavo Petro d’instaurer une politique d’« impunité totale », qu’il estime responsable du renforcement des structures criminelles dans la région.
“De ici, à Cali, j’adresse un message clair aux criminels : la fête est finie”, a-t-il averti, soulignant l’urgence d’une réponse déterminée face à cette crise de sécurité.

Le plan de Uribe pour le Valle del Cauca propose des mesures concrètes. Parmi celles-ci, on trouve l’éradication des cultures de coca dans des municipalités telles que Jamundí, par la réactivation de l’aspersion aérienne sélective dans les zones préalablement identifiées. Cette approche s’accompagnerait d’une offensive militaire intégrale destinée à éliminer à la fois les cultures illicites et les enclaves du narcotrafic.
De plus, Uribe a suggéré un “blindage” pour Cali, visant à accroître de manière permanente le nombre de forces de l’ordre, c’est-à-dire plus de policiers et de soldats, ainsi que l’équipement nécessaire – véhicules, technologie et ressources logistiques – pour assurer une présence continue des forces de sécurité dans la ville et son milieu rural.
Concernant Buenaventura, il envisage une intervention directe du port, accompagnée d’une réforme des principales autorités douanières et policières. Une offensive soutenue contre les groupes criminels tels que les Shottas et les Espartanos est également planifiée.

L’objectif réside donc à bloquer à la fois l’écoulement de la drogue et l’entrée d’armes, fermant ainsi des routes essentielles pour le crime organisé. Uribe a également proposé l’assurance de corridors stratégiques à travers des opérations militaires ciblées dans des zones critiques tel que le Cañon de las Garrapatas, Florida–Pradera, Naya–Cauca et Tuluá–Cartago, avec pour but de rétablir le contrôle institutionnel aux frontières avec Cauca, Chocó et Tolima.
Uribe a souligné que, sans couper le flux d’argent provenant du narcotrafic, toute tentative de déploiement de force sera vaine. Il a donc affirmé que la priorité sera d’étouffer les corridors du crime avant de procéder à une offensive au niveau national. “Nous chercherons à établir un contrôle des corridors stratégiques avec une opération militaire directe dans des zones critiques”, a-t-il précisé, mettant l’accent sur une action coordonnée et soutenue des forces de sécurité.
En conclusion de ses interventions, Uribe a appelé militants et citoyens à “restaurer la Sécurité Démocratique” et à revendiquer la liberté de vivre sans peur. Selon lui, ni Cali ni le Valle del Cauca ne devraient se résigner à la violence, mais plutôt aspirer à un avenir où la sécurité et la tranquillité seraient des réalités tangibles pour tous.

