La réforme du Mes, ce qu’on appelait autrefois les « États-sauvegardés », a été approuvée par tous les pays membres de la zone euro, à l’exception de l’Italie. Mais qu’est-ce que le Mes, que prévoit la réforme et pourquoi le gouvernement et le Parlement tardent-ils à la ratifier ?
Quand est né le Mes
Le Mécanisme européen de stabilité a été créé en 2012 par un traité intergouvernemental, suite aux effets produits par la crise financière de 2008-2009, qui a provoqué la soi-disant «crise de la dette souveraine» en Europe. Sa fonction fondamentale est d’accorder, sous des conditions précises, une aide financière aux pays membres qui, bien qu’ayant une dette publique soutenable, ont des difficultés à se financer sur le marché. La conditionnalité – explique un dossier détaillé de la Banque d’Italie – varie selon la nature de l’instrument utilisé : pour les prêts, elle prend la forme d’un programme d’ajustement macroéconomique, précisé dans un mémorandum spécifique et est moins stricte dans le cas des lignes de crédit de précaution mesures destinées aux pays dont les conditions économiques et financières sont fondamentalement saines mais qui subissent des chocs défavorables.
Gouvernance
Le MES est dirigé par un « Conseil des gouverneurs » composé de 19 ministres des finances de la zone euro qui décident à l’unanimité de toutes les principales décisions (y compris celles relatives à l’octroi de l’assistance financière et à l’approbation des protocoles d’accord). Il peut fonctionner à la majorité qualifiée (85 % du capital) si, en cas de menace pour la stabilité financière et économique de la zone euro, la Commission européenne et la BCE demandent des décisions urgentes d’assistance financière.
La capitale
Le Mes dispose d’un capital souscrit de 704,8 milliards, dont 80,5 ont été libérés ; sa capacité de prêt s’élève à 500 milliards. L’Italie a souscrit au capital du Mes pour 125,3 milliards, en versant plus de 14.
Que prévoit la réforme ?
La proposition de réforme du traité fondateur intervient sur les missions du Mes et sur les conditions nécessaires à l’octroi d’une aide financière. Il n’y a pas de mécanisme automatique de restructuration de la dette souveraine et l’intention est de réduire et d’éviter tout défaut pour les pays confrontés à des difficultés temporaires qui peuvent être résolues par des prêts ou des lignes de crédit. L’une des principales innovations de la réforme prévoit que le Mes puisse jouer le rôle de « backstop » du Fonds de résolution unique, une sorte de parachute qui permettrait de prévenir et de contenir les risques de contagion liés à d’éventuelles crises bancaires. La réforme précise que les contrôles préliminaires de la soutenabilité de la dette du pays demandeur d’assistance sont effectués avec une “marge d’appréciation suffisante”.

