Agents de santé en fuite : ni les vents de guerre qui soufflent au Moyen-Orient ni les promesses d’un meilleur traitement (même économique) du ministre de la Santé Schillaci n’arrêtent l’hémorragie potentielle en Italie. En effet : si entre mai et août les demandes ont augmenté de 40 %, ce chiffre a bondi de 65 % depuis septembre et ne montre aucun signe de ralentissement. Celui qui tient les comptes est Foad Aodi, président de l’Association des médecins d’origine étrangère en Italie (Amsi) et de l’Union médicale euro-méditerranéenne (Umem), devenue un véritable terminal des instances les plus diverses.
La moyenne des salaires offerts
«Au cours des cinq dernières années – explique-t-il – nous avons compté dix mille demandes d’informations de la part de professionnels de santé sur la possibilité de travailler dans les pays du Golfe. Une moyenne de deux mille par an. En six mois de 2023, de mai au 30 octobre, nous avons atteint 1 700, dont 80 % appartiennent à des structures publiques. Ce sont des collègues et autres personnels de santé qui recherchent un meilleur salaire mais surtout une meilleure qualité de vie entre temps disponible et satisfaction professionnelle. On parle, dans les six mois de cette année, d’une armée de 850 médecins spécialistes, 600 infirmiers, 150 kinésithérapeutes et ostéopathes, puis 50 pharmaciens et autant d’orthophonistes, psychologues, techniciens radiologues, techniciens de laboratoire, podologues, sociologues. travailleurs du domaine de la santé. Ils « postulent » depuis la Lombardie, la Vénétie, le Piémont, la Sardaigne, la Sicile, le Latium, les Pouilles, l’Émilie-Romagne et la Campanie. Le mirage : un avenir meilleur dans des pays comme l’Arabie saoudite qui investissent 10 % de leur PIB dans la santé et promettent des salaires au moins le double des nôtres dans les hôpitaux de pointe. Pour un médecin, la moyenne varie entre 14 000 et 20 000 dollars et varie en fonction de l’expérience. Jusqu’à des chiffres « stellaires » dans certains cas, alors que les salaires italiens occupent la dixième place mondiale et surtout restent inchangés.
Une avalanche de professionnels du NHS « fatigués »
Les études de cas de ceux qui feraient leurs valises sont très variées : elles vont du spécialiste craignant de ne pas décrocher un contrat convenable jusqu’au médecin-chef établi avec de nombreuses années d’expérience, fatigué du salaire constant. Du couple infirmier-médecin ou inversement (et ils sont 25%) qui ont décidé de miser sur une vie ailleurs. Jusqu’aux chirurgiens d’excellents hôpitaux qui, après vingt ans de bloc opératoire, se sont retrouvés dans un burn-out post-Covid et n’arrivent pas à s’en remettre. Ensuite, il y a le retraité qui a conscience d’avoir les moyens de s’impliquer à nouveau en changeant sa vie et la sage-femme qui aime passionnément son métier mais qui en a marre d’être sous-estimée. C’est littéralement une avalanche d’emails qui arrivent à AMSI depuis des mois maintenant. Avec des demandes de contacts et de suggestions, avec des éclats personnels, des CV joints et des petites et grandes demandes d’aide. Presque personne ne s’arrête à la simple question du salaire, qui compte aussi : ceux qui veulent partir le font parce qu’ils sont fatigués, à cause du manque de sécurité et de l’agressivité au travail, à cause de la méfiance, du stress et du manque de valorisation de la part des un système de santé, notamment public, qui ne tient pas ses promesses et se perd dans une bureaucratie désolée. Pour les plus jeunes, il y a avant tout le désir d’acquérir de la pratique et de l’expérience ailleurs mais aussi la peur de « ne pas réussir » ici ou de se retrouver coincés dans un mécanisme qui décourage les carrières et les aspirations personnelles légitimes.
L’appel pour un NHS plus attractif
Pourtant, c’est précisément de l’AMSI qu’est née la campagne « Aidons-les à la maison » : la tentative d’endiguer cette fuite alarmante de compétences, d’enthousiasme et de professionnalisme qui a peut-être nécessité plus d’une décennie de formation avec environ 150 mille euros investis par l’État et la famille. pour « construire » une blouse blanche. «Les médecins italiens sont parmi les plus appréciés car ils sont très préparés et très appréciés du point de vue des compétences relationnelles», explique Foad Aodi, qui est également professeur à l’Université Tor Vergata pour les filières de sciences infirmières et de physiothérapie. et fait partie de la Commission Santé Mondiale de la Fédération des Associations Médicales (Fnomceo). «Cela – précise-t-il – conduit à une augmentation de l’offre d’emploi dans de nombreux pays arabes. Et si le Qatar, par exemple, est désormais saturé, d’autres « marchés » s’ouvrent au Koweït, à Bahreïn et à Oman ainsi qu’en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Notre NHS, déjà désertifié, court un risque sérieux de dépeuplement supplémentaire face à des offres potentiellement attractives. Cela nous amène à lancer un appel à l’ensemble du monde politique concernant le personnel de santé : aidons-les chez nous, en Italie, avec des faits concrets et pas seulement des annonces. Un appel qui retombe cependant chez les médecins une nouvelle fois en pleine agitation face aux mesures contenues dans la manœuvre qui vient d’arriver au Parlement, avec 3 milliards supplémentaires pour 2024 sur le Fonds national de santé destinés en grande partie au renouvellement du contrat, mais avec un plafond de dépenses de personnel qui reste bloqué et un “piège” annoncé sur les retraites.
Le manuel pour éviter de faire des erreurs
En attendant, les déceptions ne manquent pas quant aux attentes d’une vie meilleure ailleurs et en effet les agences frauduleuses non officiellement reconnues se multiplient. C’est pour cette raison que l’Amsi a préparé un règlement et vous conseille de bien vous informer aussi bien avant de partir qu’avant de « vous inscrire » à une mission. Sous l’angle, durée du contrat, conditions, démission, salaire initial et échelon d’évolution après une période de travail, incitations, assurance professionnelle, arrangements pour les enfants, inscription au registre professionnel en Italie et à l’étranger en termes de suspension et d’annulation, impôts. , Pension. Pour que l’envie d’évasion ne se transforme pas en délire collectif.


