Des territoires aux prises avec une accélération de la baisse de la population en âge de travailler, accompagnée d’un nombre de diplômés qui est resté stagnant entre 2015 et 2020, à des niveaux très bas. En France, seules trois régions sont dans cette situation (Champagne-Ardenne, Lorraine et Haute-Normandie), en Allemagne quatre lander de l’Est, un seul au Portugal et aucun en Espagne.
En comparaison entre pays, l’Italie se classe juste devant la Roumanie pour le pourcentage de diplômés âgés entre 25 et 64 ans : il est inférieur à 20 %, contre 18,78 % en Roumanie, 50,8 % en Irlande ou encore 40 % de la France et de l’Espagne et 30 % du Portugal. et l’Allemagne. Hors UE, les termes de comparaison aux deux extrêmes sont le Canada (62%) et le Mexique (18%).
En Italie, le dernier de ce classement particulier est la Sicile où entre 2015 et 2019 le solde migratoire de la population entre 15 et 39 ans était négatif en moyenne chaque année de 11,5 pour mille habitants et en 2020 seuls les 14,9% des personnes entre 25 et 64 avaient un diplôme universitaire, avec une augmentation moyenne au cours des cinq années précédentes de seulement 1,7 %. La Calabre fait un peu mieux, où le pourcentage de diplômés est cependant resté pratiquement inchangé (+0,3). Pour les deux, la baisse de la population active a été d’environ 10 %.
La Lombardie est de loin la région italienne qui attire le plus les jeunes : le solde migratoire est de +10,8 pour mille habitants. Mais la bonne nouvelle s’arrête là : la Lombardie perd sa population active et affiche un pourcentage de diplômés qui ne dépasse pas 21,7 %, soit moins que la plus mauvaise région allemande (Sachsen-Ahnalt).
En comparaison avec l’Allemagne, la large diffusion des écoles professionnelles post-diplôme pèse certes lourd, à l’instar des ITS italiennes qui sont pourtant beaucoup moins répandues. Les deux délivrent un diplôme de niveau tertiaire. Le Latium fait mieux que la Lombardie, où il y a plus de diplômés (27%) et leur nombre croît au rythme de trois points de pourcentage par an, malgré le déclin démographique évident. Parmi les régions “piégées”, la plus frappante est le Piémont, autrefois le sommet du triangle industriel et aujourd’hui en lent déclin.

