Les mesures de la Linke contre l’antisémitisme
Les dirigeants du parti de gauche allemand, la Linke, ont pris des mesures pour lutter contre les accusations d’antisémitisme qui pèsent sur leur formation. Lors d’une récente conférence téléphonique, le conseil exécutif a adopté une résolution qui sera présentée lors du congrès national en juin. Cette initiative vise à réaffirmer l’engagement du parti contre toute forme d’antisémitisme.
Contexte et motivations
Les chefs de la Linke ont exprimé leur volonté de ne plus tolérer l’antisémitisme au sein de leur parti. Le texte adopté souligne l’importance de la responsabilité des membres et précise qu’il n’y a pas de place pour des positions antisémites. Le document stipule : « La Linke s’oppose à toute forme d’antisémitisme (…) et à l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien à des fins politiques internes ».
Cette décision survient à la suite de critiques persistantes concernant certaines déclarations faites par des membres du parti, notamment celles de la section de la Linke en Basse-Saxe, qui avait récemment rejeté le sionisme, une position qui a suscité de vives réactions.
Réactions et critiques
Le président du Conseil central des Juifs en Allemagne, Josef Schuster, a accusé le parti de fournir un terreau au haine anti-juive. De plus, Andreas Büttner, le délégué à l’antisémitisme pour le Land de Brandebourg, a quitté son poste en raison de cette résolution, dénonçant une montée des courants antisémites au sein de la Linke.
Évolution des débats internes
Depuis plusieurs années, la question de la lutte contre l’antisémitisme et du traitement du conflit au Proche-Orient suscite des débats internes au sein du parti. Récemment, lors d’un congrès, une majorité a décidé d’adopter une définition plus stricte de l’antisémitisme, ce qui a provoqué le départ de figures éminentes du parti, telles que Klaus Lederer, ancien sénateur de Berlin.
Bilan sur la question de l’existence d’Israël
Dans leur nouvelle résolution, Schwerdtner et van Aken, les dirigeants du parti, se sont dissociés des positions adoptées par la section de Basse-Saxe. Ils ont appelé à un engagement clair envers le droit à l’existence d’Israël, affirmant : « Nous nous engageons donc sans équivoque au droit à l’autodétermination des Juifs dans l’État actuel d’Israël ». Le texte évoque également le droit des Palestiniens à un État.
Vers une médiation des positions
Le document de six pages se veut également un cadre pour encadrer le conflit israélo-palestinien. Il condamne les actions de la Hamas tout en critiquant les actions de l’État israélien dans la bande de Gaza.
Le texte sera partagé avec les sections locales du parti et servira de base aux discussions en vue du congrès de juin. Des modifications sont encore possibles avant sa ratification officielle.

