La crise de la qualité de l’air à New Delhi

Le ciel de New Delhi est un tableau aléatoire : malgré les efforts mondiaux visant à réduire les émissions polluantes, l’Inde, notamment sa capitale, lutte avec une mauvaise qualité de l’air. En hiver, la situation ne fait qu’empirer et le pays a récemment mis en œuvre une technique controversée de “semis de nuages”. Ce projet a coûté environ 400 000 dollars, mais a-t-il réellement fait une différence ?

Une situation critique

New Delhi, abritant plus de 28 millions d’habitants, est confrontée à une crise sanitaire majeure. Les véhicules représentent 40 % des émissions de la ville, mais d’autres sources comme la construction, les aérosols, et les activités industrielles contribuent également à une forte pollution. Pendant la saison post-monsoon d’octobre à novembre, la situation devient cataclysmique avec la combustion des résidus agricoles, aggravée par un air froid qui piège les polluants.

Des chiffres alarmants

La mesure des particules fines PM2.5 dans l’air est utilisée pour évaluer la pollution. Les niveaux de PM2.5 à Delhi oscillent entre 140 et 170 µg/m³, soit presque 12 fois plus que les valeurs sûres de l’OMS, fixées à 15 µg/m³. Selon les chercheurs, chaque augmentation de 10 µg/m³ de PM2.5 entraîne une hausse de 8,6 % de la mortalité.

Le “semis de nuages” : une solution dérisoire

Face à cette crise, le gouvernement indien a choisi d’expérimenter des techniques de semis de nuages en collaboration avec l’Institut Indien de Technologie de Kanpur. L’objectif était de provoquer des pluies afin de réduire la pollution. Toutefois, cette méthode, bien que connue depuis des décennies, est très coûteuse par rapport aux résultats obtenus.

Un investissement douteux

Le coût total du projet a été d’environ 400 000 dollars, avec des vols à 70 000 dollars chacun, mais les résultats ont été minimes. Manindra Agarwal, le directeur de l’IIT Kanpur, a admis que les résultats n’ont pas été à la hauteur, en raison de niveaux d’humidité trop bas dans les nuages pour permettre une condensation efficace.

Des voix critiques et des recommandations

Ce coût élevé sans résultats notables a suscité des critiques de la part de groupes environnementaux, mais aussi de la part d’agences gouvernementales comme le Département de Météorologie et la Commission pour la Gestion de la Qualité de l’Air. Ces organismes ont souligné que la technique nécessite des nuages spécifiques, absents en hiver à Delhi.

Les véritables solutions

Pour faire face aux enjeux de qualité de l’air, il est impératif d’adopter des mesures à moyen et court terme. Cela implique un contrôle strict de la combustion des résidus agricoles, une meilleure gestion des déchets, et des régulations industrielles renforcées. Parallèlement, l’Inde doit intensifier son engagement vers la transition énergétique, en favorisant les énergies renouvelables et en améliorant la santé urbaine par plus de végétation.

Conclusion

Tant que ces changements ne seront pas effectués, les habitants de New Delhi continueront de respirer un air équivalent à celui de fumer sept cigarettes par jour. Une transformation structurelle est nécessaire pour mettre fin à cette crise de santé publique.



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