Le Tomate en Danger : La Compétition Asiatique et ses Conséquences pour les Agriculteurs Espagnols
Le secteur du tomate en Espagne, particulièrement en Extremadura , est confronté à d’énormes défis dans un contexte économique de plus en plus difficile. Le tomate , symbole de l’agriculture espagnole, voit sa position menacée par la concurrence chinoise . Cette situation est préoccupante pour les agriculteurs, qui peinent à maintenir des prix compétitifs face à des coûts de production en constante augmentation et à des fluctuations de marché inquiétantes. La question se pose alors : que peut-on attendre de cette situation à l’avenir?
Extremadura, Terre des Tomates
Si l’on évoque la culture du tomate en Espagne , Extremadura est sans conteste la référence, produisant près de 75 % du volume national. En 2021, la surface cultivée atteignait déjà 23 000 hectares , une superficie qui se distingue nettement des autres régions telles qu’ Andalousie et Navarre . L’engouement pour le tomate dans cette région s’explique par sa qualité et son orientation vers l’industrie, servant à la fabrication de sauces et autres produits transformés.
Un Secteur en Crise
Cependant, la situation n’est pas rose. En janvier dernier, les agriculteurs d’ Extremadura ont exprimé leur désespoir face à une cotation du tomate qui ne couvrait même pas les coûts de production, qui s’élevaient à 115 euros par tonne. La vente se situait alors autour de 107 euros dans l’industrie, bien en dessous des 140 euros de 2024. Cette détérioration des prix est alarmante, car elle pourrait entraîner un abandon progressif du secteur par de nombreux agriculteurs, mettant ainsi en péril la durabilité de la production locale.
La Menace Chinoise
Mais le problème ne s’arrête pas là. La compétition venue de Chine est sans doute le facteur le plus menaçant pour le secteur. Le pays a vu sa production de tomate dépasser les 68 millions de tonnes en 2022, plaçant la Chine parmi les leaders mondiaux, aux côtés des États-Unis , de l’ Inde et de la Turquie . Ce qui inquiète particulièrement les agriculteurs espagnols, c’est non seulement la quantité produite, mais surtout les prix extrêmement bas suggérés par ces tomates asiatiques.
Des figures importantes du secteur, comme Francesco Mutti , PDG d’une entreprise de sauce bien connue, ont exprimé des inquiétudes similaires. Mutti souligne que le coût de production des tomates en Chine est largement inférieur, notamment grâce à des coûts de main-d’œuvre très bas . De plus, la tension entre les normes de qualité appliquées en Europe et celles largement moins strictes en Chine crée une compétition déloyale .
Des Solutions en Discussion
Face à cette situation alarmante, certaines voix s’élèvent pour appeler à une interdiction des importations de pâte de tomate en provenance de Chine ou à l’instauration d’un tarif douanier . Mutti a proposé une taxe de 60 % sur ces produits pour rétablir une certaine équité avec les tomates italiennes. Des mesures similaires sont envisagées pour aider les agriculteurs à mieux se protéger contre la concurrence asiatique.
Les solutions ne sont pas uniquement liées à des restrictions commerciales, mais également à un renforcement des capacités de production locales. Le débat est ouvert sur comment former les agriculteurs pour qu’ils améliorent la qualité de leur production tout en restant compétitifs sur le marché international.
Conclusion
Alors que le secteur du tomate en Extremadura se trouve à un tournant décisif, il est urgent d’agir pour préserver cette culture emblématique face aux défis imposés par la concurrence internationale . La situation profite à une réflexion plus large sur la durabilité des modes de production et sur la nécessité d’établir des normes plus équitables à l’échelle mondiale. La survie du secteur ne dépendra pas uniquement de la qualité des produits locaux, mais aussi de la capacité des acteurs du marché à naviguer dans un environnement de plus en plus compétitif et souvent inégal.
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